Sexe en folie viol sexuel

sexe en folie viol sexuel

..

Le sexe de la mère et le fils scène de sexe dailymotion

Les 40 questions-réponses incontournables. Et pour le cas où des violences sexuelles se produiraient devant vous, lire Conduite à tenir si vous êtes témoin ou proche d'une victime de violences sexuelles. Et les fiches de prévention des violences sexuelles: Définition des violences sexuelles Il s'agit de violences à caractère sexuel, avec ou sans contact physique, commis par un ou plusieurs individus avec violence, contrainte, menace ou surprise, c'est à dire sans le consentement de la personne visée.

La contrainte prévue par la loi peut-être physique ou morale. La contrainte morale peut résulter chez les mineurs de la différence d'âge existant entre une victime et l'auteur des faits et de l'autorité de droit ou de fait que celui-ci exerce sur cette victime.

Le viol qui est un crime étant défini comme Tout acte de pénétration de quelque nature que ce soit commis sur la personne d'autrui par violence, contrainte, menace ou surprise. Les violences sexuelles n'ont rien à voir avec un désir sexuel ni avec des pulsions sexuelles, ce sont des armes très efficaces pour détruire et dégrader l'autre, le soumettre et le réduire à l'état d'objet et d'esclave.

Il s'agit avant tout de dominer et d'exercer sa toute-puissance. Les viols sont des mises en scène de meutre et sont de plus en plus utilisées comme des armes de guerre, de répression par la terreur exemple de Conakry en septembre , et de destruction massive dans le cadre de génocides, le TPR tribunal pénal international pour le Rwanda et le TPIY tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie ont reconnu les viols systématiques en Bosnie et au Rwanda comme des crimes contre l'humanité.

Voir l'action de l'ONU contre les violences sexuelles faites aux femmes dans le cadre de conflits: Elles sont spécifiques touchant surtout les femmes et les enfants et elles sont en grande majorité commises par les hommes, mais les violences sexuelles commises par les femmes essentiellement sur des enfants restent encore très méconnues et sous-estimées. Les violences sexuelles sont graves: Les violences sexuelles sont les violences qui ont les conséquences sur la santé psychiques et physiques les plus durables et les plus importantes, elles peuvent faire courir un risque vital et elles sont responsables d'une atteinte à l'intégrité physique et psychique des victimes.

Ces troubles psychotraumatiques s'installent dans la durée souvent sur toute la vie si les victimes ne bénéficient pas de prises en charge spécialisée. Particulièrement quand elles ont été commises sur des enfants lors d'inceste, elles ont un impact catastrophique sur la santé physique et psychique des victimes, sur leur personnalité, et sur leur vie sociale, scolaire, professionnelle, personnelle, familiale et amoureuse.

Les violences sexuelles sont une atteinte à la dignité et au droits fondamentaux des personnes, elles ne sont pas une fatalité, ce sont des infractions punies par la loi qui les prend de plus en plus en compte: Les hommes, mais aussi des femmes, peuvent s'autoriser à exercer des violences sexuelles sur les plus vulnérables, ou ceux qui sont les moins protégés, ou ceux qui sont considérés comme de moindre valeur dans la société, le plus souvent en toute impunité, parce que notre société inégalitaire banalise voire tolère ces violences.

Ces violences sexuelles des adultes sur les enfants et des hommes sur les femmes sont le plus souvent des conduites violentes dissociantes, anesthésiantes, d'auto-traitement que les agresseurs choisissent pour anesthésier une souffrance psychique liée à une mémoire traumatique produite le plus souvent par des violences subies dans l'enfance ou dont ils ont été les témoins.

Ils s'identifient à l'agresseur et mettent en scène une toute-puissance qui leur permet d'échapper à une position de victime qu'ils méprisent. Elles restent sous-estimées, méconnues, non identifiées, souvent déniées, voire tolérées, par une société encore très inégalitaire et discriminante par rapport aux femmes et qui véhicule de nombreux préjugés sur la sexualité avec une confusion entre sexualité et prédation ou violence, confusion entre rapports amoureux et possession ou instrumentalisation, confusion entre désir et excitation liée au stress, confusion entre orgasme et disjonction, avec un vocabulaire sexuel appartenant au registre de la guerre, une majorité des injures à connotation sexuelle, une banalisation de violences sexuelles faites aux femmes comme la prostitution et la pornographie.

Peu importent les circonstances d'une agression sexuelle, la victime n'est pas responsable, peu importe comment elle est habillée, peu importe son état ou son comportement. Cela peut arriver à n'importe qui: C'est à elles que les proches et les intervenants vont faire sans cesse la morale, ce sont elles qui vont être méprisées. Les victimes de violences sexuelles restent fréquemment sans secours, mais de plus leur agression est ignorée voire niée, et leur agresseur n'est absolument pas inquiété.

Déni et loi du silence règnent en maîtres, et s'imposent d'autant plus facilement que les victimes sont prisonnières de troubles psychotraumatiques et de stratégies de survie qui leur brouillent encore plus l'accès à leur vérité:. Il faut rappeler que les violences sont des situations anormales entraînant des conséquences psychotraumatiques normales, fréquentes, graves et durables, qui sont liées à la mise en place de mécanismes neurobiologiques de sauvegarde , se référer à MÉCANISMES Et devant des enfants, des adolescents en grande souffrance, suicidaires, dépressifs, insomniaques, ayant fait des fugues, en échec scolaire, ayant des troubles du comportement alimentaire, des conduites addictives alcool, drogues, tabac, jeux, sexualité , des conduites à risque, la plupart des proches et nombre de professionnels ne se posent pas la question qui serait essentielle: Au contraire, c'est plutôt: Ils nous font honte!

Les professionnels du secteur social et de la santé posent encore beaucoup trop rarement aux personnes qu'ils prennent en charge la question sur l'existence de violences subies, particulièrement sexuelles. En effet, le plus souvent c'est la victime qui est considérée comme coupable. Cet ensemble crée une vision prédatrice et pulsionnelle de la sexualité masculine avec des rôles caricaturaux distribués aux hommes et aux femmes. Cette représentation de la sexualité, à laquelle presque tout le monde adhère par conformisme, infecte les relations entre les hommes et les femmes et les relations amoureuses.

Cette représentation permet à certains hommes de se livrer à des conduites dissociantes efficaces pour auto-traiter leur mémoire traumatique, mais ces conduites dissociantes violentes dégradent les femmes. Cette représentation prédatrice de la sexualité participe au maintien de l'inégalité entre les sexes.

Et tous ceux qui ne veulent pas renoncer à une rencontre véritable et à l'amour, et heureusement ils sont nombreux, doivent se battre pour sortir de ces schémas réducteurs et emprisonnants. Les femmes, et aussi les hommes, pourraient gagner beaucoup à dénoncer ces stéréotypes et cette violence, en récupérant une sexualité non traumatique, enfin libre, avec un plein accès à leur désir et à leur plaisir.

Elles sont un marqueur du contrôle social des femmes, ces discriminations fondées sur le sexe sont une violence symbolique, bien décrite par Pierre Bourdieu, elles sont le lit qui permet à toutes les autres violences de s'exercer dans la plus grande impunité, elles fonctionnent comme un permis d'instrumentaliser les femmes comme des esclaves domestiques et sexuelles pour le confort de privilégiés et comme des fusibles pour s'anesthésier en cas de mal-être ou de tension dus à une mémoire traumatique.

En cela elles génèrent chez les agresseurs qu'il vaut mieux nommer pédocriminels plutôt que pédophiles des stress encore plus extrêmes puisqu'il s'agit de violences inouïes, et des disjonctions encore plus violentes, avec des quantités très importantes de drogues dissociantes sécrétées par le cerveau, et donc des addictions sévères à ces violences. Le plus souvent ils agressent toute leur vie de nombreux enfants, avec une longue carrière de criminels ; ils peuvent commencer tôt à l'adolescence, puis continuer dans le cadre de leur famille leurs enfants, leurs neveux et nièces , dans le cadre de leur travail qu'ils peuvent choisir en fonction de la possibilité qu'il offre de côtoyer de près des enfants: Parallèlement ce sont aussi fréquemment des producteurs et des consommateurs de pédopornographie photos, vidéo par l'intermédiaire des sites internet et de prostitution enfantine.

Il est donc essentiel de tout faire pour arrêter le plus tôt possible ces agresseurs, de les confronter à la loi et de les traiter avant qu'ils ne deviennent de redoutables prédateurs. Pour cela il faut les identifier et surtout repérer les victimes et les prendre en charge aussitôt. De plus, il est très rare qu'une victime d'un agresseur soit la seule a avoir subi des violences sexuelles , que ce soit dans une famille, dans une institution ou autre, il est alors essentiel de chercher d'autres victimes potentielles et de protéger les autres enfants.

Les violences sexuelle commises envers les enfants par un adulte de la famille ou par un adulte ayant autorité constituent de ce fait, en plus de l'atteinte à l'intégrité physique et psychique, un grave abus de confiance et de pouvoir de la part d'adultes.

Elles génèrent chez l'enfant un sentiment de trahison qui entraînera même à l'âge adulte une absence de confiance vis à vis du monde, avec la sensation de ne pas y appartenir et de s'y sentir complètement étranger.

Cette absence de confiance s'accompagnera souvent d'une peur vis à vis de toute relation intime avec autrui. Les enfants victimes de violences sexuelles sur leur lieu de vie vivent dans un climat de grande insécurité et de terreur, toute leur énergie passe dans la mise en place de stratégies de survie et de défense. Elles ont des conséquences psychotraumatiques dramatiques, les violences sexuelles répétées sont de plus en plus traumatisantes et aboutissent à l'installation d'une mémoire traumatique qui génère une souffrance intolérable.

L'enfant, s'il n'est pas protégé, pris en charge et soigné, n'a pas d'autre possibilité pour survivre que de mettre en place des stratégies de défense qui passent par un état dissociatif permanent, avec une une anesthésie émotionnelle et une dépersonnalisation.

Du fait de cet état permanent, les violences paraissent irréelles, comme si elles n'avaient pas vraiment existé. Certaines de ces femmes distillent aussi des boissons alcoolisées et les vendent pour gagner un modeste revenu. Des soldats qui viennent pour boire refusent parfois de payer et violent parfois ces femmes.

En mars , une veuve a servi une bière locale à cinq soldats de l'APR. Ils ont refusé de la payer et l'ont ensuite violée, devant ses enfants. Une activiste locale oeuvrant pour les droits de la femme a rapporté que la fille a eu des relations sexuelles avec des hommes qui avaient menacé de l'expulser de son refuge et du camp, et qu'elle était régulièrement violée par un lieutenant du RCD occupant un poste de commandement dans le camp.

C'est une vraie guerre dans la guerre, une autre forme d'attaque contre le peuple congolais," déclarait un conseiller qui travaille avec des femmes et des filles soumises à un viol et à d'autres formes de violence sexuelle. Des combattants du RCD, des soldats rwandais ainsi que des combattants des forces qui leur sont opposées — Mai-Mai, groupes armés de Hutu rwandais et rebelles burundais des FDD et du FNL — ont, de façon fréquente et parfois systématique, violé des femmes et des filles, au cours de l'année écoulée.

Des soldats et des combattants ont violé et par ailleurs, abusé de femmes et de filles dans le cadre d'un effort pour gagner le contrôle sur les civils et le territoire qu'ils occupaient et pour conserver ce contrôle. Ils ont attaqué des femmes et des filles parce qu'elles représentaient leur communauté, visant par les blessures et l'humiliation à terroriser ces femmes en particulier ainsi que de nombreuses autres.

Une jeune fille de seize ans, qui a été violée, nous a dit: Je sais qu'ils ne m'ont pas visée — n'importe quelle [femme] aurait subi la même chose — mais c'est inacceptable. Il y a beaucoup de filles qui vivent dans ces conditions. Ce rapport se concentre sur les crimes de violence sexuelle commis par des soldats et des combattants. Cependant, le viol et les autres crimes sexuels ne sont pas seulement pratiqués par des membres des factions armées. Ils le sont aussi, de plus en plus fréquemment, par la police et d'autres personnes occupant des positions d'autorité et de pouvoir, et par des criminels de droit commun et des bandits opportunistes qui profitent du climat d'impunité généralisée et de la culture de violence pour abuser des femmes et des filles [56].

Par exemple, dans de nombreux cas, des soldats, d'autres combattants ainsi que des voleurs armés ont violé des femmes au cours d'un vol ou d'un pillage, parfois après volé tout ce qu'elles possédaient et parfois pour les punir si elles ne possédaient rien digne d'être volé. Si les crimes commis par des criminels de droit commun ne sont pas examinés en détail dans ce rapport, ce dernier étudie des cas d'attaques conduites par des hommes en armes pour lesquelles on dispose d'indications montrant que leurs auteurs pouvaient être des combattants.

Une telle indication peut être la langue des attaquants ; les attaquants parlant le kinyarwanda sont probablement membres de groupes armés rwandais ou de l'APR.

Si les attaquants sont bien armés, ceci peut aussi indiquer un lien avec des groupes armés ou une armée régulière. Certains cas de violations relèvent des types d'abus classiques contre les civils, commis fréquemment par des combattants, comme les attaques de nuit contre des villageois ou les attaques à main armée dans la ville de Goma. De tels faits sont par conséquent également décrits dans ce rapport. Les femmes et les filles qui ont été violées ou attaquées d'une autre façon identifient rarement les personnes qui ont commis ces crimes.

Dans de nombreux cas, elles ne connaissaient pas leurs agresseurs parce qu'ils ne venaient pas de leur communauté. Dans d'autres cas, en particulier si les agresseurs pensaient qu'ils pourraient être reconnus, ils ont tenté de cacher leur identité en masquant leurs visages ou en aveuglant les victimes au moyen de lampes.

Une victime a ainsi raconté: Il n'y avait pas de lumière. On n'avait même pas de pétrole pour allumer une lampe et la seule lumière, c'était quand ils braquaient une torche sur nos yeux. Je ne voyais pas bien ce qu'ils portaient. Ils avaient des masques et des chapeaux. On ne voyait pas leurs visages.

Parfois, les survivantes et les témoins étaient en mesure d'identifier le groupe de soldats ou de combattants auquel les agresseurs étaient affiliés. Ils savaient quels groupes avaient opéré dans leur région et où ils étaient basés.

Ceci leur permettait d'identifier les agresseurs, en partie selon le lieu du crime. Dans certains cas, des survivantes et des témoins savaient que les agresseurs représentaient un certain groupe parce qu'ils avaient révélé leur appartenance à ce groupe à travers leurs paroles: Dans d'autres cas, des survivantes et des témoins ont tiré leurs conclusions, en partie, sur la base du calendrier de l'attaque: Ces attaques ont été menées après que ces soldats aient eux-mêmes été attaqués peu de temps auparavant par des groupes armés basés dans la région.

Lorsque l'apparence physique des assaillants semblait correspondre aux caractéristiques d'un groupe ethnique ou national, les survivantes et les victimes identifiaient parfois les agresseurs comme membres de ce groupe. Les victimes et les témoins s'appuyaient parfois sur la langue parlée par les agresseurs et même sur des nuances d'accent, régionales et autres.

Dans d'autres cas, survivantes et témoins ont fourni des informations sur des types de comportement suggérant telle ou telle identification: Les Mai-Mai semblaient aussi plus enclins à exiger des femmes qu'elles accomplissent certains actes sexuels au profit d'un nombre donné de combattants dans le groupe alors que les agresseurs d'autres groupes armés attribuaient plus fréquemment les femmes qu'ils avaient enlevées, à des individus en particulier. Dans un nombre significatif de cas, des femmes et des filles qui avaient été attaquées reconnaissaient la difficulté d'identifier de façon certaine leurs agresseurs et déclaraient simplement que ceux-ci étaient des "hommes armés en uniformes" ou simplement, "des hommes en uniformes".

L'apparence physique des assaillants peut aussi être une caractéristique insuffisante pour permettre d'identifier un groupe, et même si une telle identification semble plausible, elle peut en fait s'avérer erronée. Ils suspectaient qu'ils étaient plutôt membres de groupes armés opposés à l'APR ou des Congolais du coin, d'origine rwandaise. Avec l'augmentation du nombre de soldats hutu, dans les rangs de l'APR, à l'est du Congo, tirer avec certitude de telles conclusions n'est plus possible.

De plus, des agresseurs peuvent tenter d'induire victimes et témoins en erreur en parlant des langues qui ne sont pas leur langue habituelle. Le conseiller mentionné plus haut a fait le commentaire suivant: Dans certains cas, des assaillants ont prévenu les personnes présentes lors de l'attaque qu'elles devaient les identifier comme des membres d'un autre groupe.

Dans de nombreux endroits, des individus ou de petits groupes ayant obtenu des armes commettent des crimes contre les habitants locaux, y compris des crimes de violence sexuelle.

Parmi les assaillants, se trouvent des personnes qui ont quitté l'une ou l'autre des forces armées ou les groupes de combattants opérant dans la région ainsi que d'autres ayant obtenu des armes à feu par des biais différents.

Un représentant d'une ONG rurale qui assiste des femmes nous a affirmé que son groupe et lui pensaient que les Interahamwe étaient responsables des viols dans leur région jusqu'à ce qu'il apparaisse que les attaquants étaient des soldats, des rebelles Mai-Mai ou des déserteurs. Il a ainsi expliqué: Mais on a découvert que c'était des enfants de notre village.

On en a pris trois. Ils étaient venus pour voler dans le village et les villageois ont usé des tambours alors on les a pris. Ils ont des armes et connaissent l'endroit. Parfois, ce sont des déserteurs. Certains sont des Mai-Mai, d'autres des soldats. En général, ce sont des jeunes gens, les jeunes gens du quartier. Ils ne font rien. Ils aiment faire les malins, fumer de la drogue. Compte tenu des difficultés à identifier avec précision les agresseurs, certaines victimes, certains témoins et d'autres ont simplement attribué les crimes aux membres des groupes qu'ils détestaient.

Selon un défenseur des droits humains, "beaucoup parlent 'd'Interahamwe' mais il est dur de savoir si ce sont de vrais ou de faux Interahamwe. Il y a confusion. Des accusations aussi automatiques et inexactes ne font que permettre à des assaillants coupables, d'échapper à la justice et les encouragent, ainsi que d'autres, à continuer à commettre leurs crimes, en toute impunité.

Les villes les plus importantes du Sud Kivu, ainsi que les routes principales, sont contrôlées par le RCD mais les forces Mai-Mai et les groupes armés majoritairement hutu contrôlent ou se battent pour contrôler des parties significatives du reste du territoire. Les forces rebelles composées de Hutu rwandais sont basées dans le Parc National de Kahuzi-Biega, depuis quelque temps déjà et ont été accusées de nombreuses attaques sur des zones adjacentes, notamment à Bunyakiri, Kabare, Katana et Walungu [67].

Ces forces ont tué, violé et pillé les biens des civils qu'ils accusent de soutenir le RCD ou l'armée rwandaise. Les forces du RCD et de l'armée rwandaise exercent le même type de violence sur les mêmes personnes, les accusant d'aider les groupes de Hutu rwandais ou les Mai-Mai.

Des habitants sur place ont déclaré que les attaques sur les civils avaient débuté après la destruction des camps de réfugiés, en et après la dispersion, dans la région, des gens qui les habitaient, y compris les Interahamwe et les ex-FAR. Mais après le départ des camps des réfugiés, il y avait des abahinzi étrangers et des Interahamwe dans la forêt," affirmait la représentante d'une organisation de femmes dont les membres viennent de villages tels que Kajeje, Murhesa et Kalonge, proches du Parc National de Kahuzi-Biega.

En août , Mathilde V. Les assaillants ont forcé les femmes à s'aligner et à porter leur butin et leur chargement de munitions jusqu'à leur base. Les Interahamwe ont accusé Mathilde V. Ils ont accusé d'autres personnes d'avoir pillé leurs possessions dans les camps de réfugiés, en et Alors que les assaillants accompagnaient les femmes le long d'un sentier dans la forêt, ils les ont jetées à terre et les ont violées.

Ce jour là, Mathilde V. Suite au viol, Mathilde V. Dans son propre cas, Mathilde V. Lorsqu'elle a, par la suite, eu des difficultés lors de son accouchement, elle n'a pas avoué au médecin qu'elle avait été violée. Les membres des groupes armés majoritairement hutu s'en prennent particulièrement aux femmes qui passent près de leurs bases, en forêt, lorsqu'elles se rendent dans les champs pour y travailler, lorsqu'elles partent ramasser du bois ou faire du charbon ou quand elles vont au marché.

Une représentante d'un groupe de femmes a déclaré: Pour nous, de l'endroit où on vit jusqu'à la forêt, c'est trois heures de marche. A Kalonge, les gens vivent [de la fabrication et de la vente] du charbon. Il n'y a pas de véhicules pour transporter la braise. Notre équipe a parlé avec plusieurs femmes et filles, dans cette région, qui avaient été enlevées par des Hutu armés, violées à plusieurs reprises et forcées de travailler pour les personnes qui les avaient capturées. J'étais sur la route de Kalonge à Mudaka.

J'avais l'argent que m'avait donné mon fiancé pour acheter une robe de mariée. Un soldat m'a attaquée sur la route. Il a dit des choses en kinyarwanda. C'était le 8 août [] et ils m'ont gardée jusqu'au 25 août et chacun d'entre eux m'a violée chaque jour. Il n'y avait pas vraiment de maison mais un abri sous des sheetings [des feuilles de plastique].

Je mangeais les choses qu'ils volaient de temps en temps — la pâte de farine volée et parfois de la viande. J'ai découvert qu'ils avaient là-bas une autre femme avant moi et je dormais là où elle dormait.

Plus tard, ils prendraient une autre femme après moi. Je portais toujours les mêmes vêtements. Si j'essayais de parler, ils me battaient.

C'était tous les mêmes, des hommes horribles. Finalement, ils m'ont juste renvoyée quand ils ont été fatigués de moi. Ils ont pris les vêtements que je portais et m'ont donné de vieux vêtements. Je suis allée dans un centre de santé qui s'occupe des victimes de viols et j'ai eu des médicaments.

Seul Dieu peut m'aider. Il m'a sauvée de la mort. Il n'y a pas d'autre endroit où se tourner. Ils ont pris mon argent pour la robe de mariée.

Mon fiancé veut bien encore de moi, même si maintenant, je n'ai rien. Je ne voulais en parler à personne mais j'ai dû lui dire parce que j'ai été absente si longtemps. Et parce que j'ai été absente si longtemps, les gens en parlent même si je n'ai raconté à personne d'autre ce qui s'est passé.

Je n'ai plus rien maintenant," a-t-elle déclaré. Dans certains cas, des assaillants armés ont enlevé des femmes et des filles au cours de cambriolages, les ont forcées à porter les biens volés jusqu'à leur base puis les ont violées là-bas. C'était un soir de juin. J'entendais les soldats [à savoir des hommes en armes] se livrer à un pillage dans les environs.

Quand ils sont arrivés à notre maison, j'ai couru pour me protéger. Chaque nuit, ils s'approchent pour piller. Mais cette nuit, après ma fuite, il a commencé à pleuvoir. Pour me protéger de la pluie, j'ai décidé de retourner à la maison. A ce moment là, il y avait beaucoup d'autres personnes qui cherchaient aussi à se protéger de la pluie — on était environ dix-huit, principalement des voisins et de nombreuses vieilles personnes.

Mais les soldats sont arrivés et ils nous ont encerclés. Ils étaient nombreux, je ne peux pas dire combien. J'entendais juste leurs voix. J'ai vu que tout dans la maison avait été volé. J'avais mon bébé sur le dos. Quatre soldats sont entrés dans la maison. Ils étaient tous armés. Ils ont pris mon bébé. J'étais la plus jeune femme dans la maison. Ils ont laissé les femmes plus âgées et m'ont prise, moi. Les quatre soldats m'ont fait porter sur le dos les affaires qu'ils avaient volées.

Puis, plus tard, on a retrouvé les autres et ils ont donné la charge que je portais sur le dos à un homme qu'ils avaient capturé. Mais je marchais avec les quatre qui m'avaient enlevée de la maison. On a marché dans la forêt de 10 heures du soir, environ, à minuit.

Je ne connaissais pas l'endroit. Puis, je me suis retrouvée seule avec l'un d'entre eux. J'ai découvert ensuite que les trois autres étaient chacun partis avec une femme qu'ils avaient capturée.

J'ai été violée trois fois [par le même soldat]. Il était armé tout le temps. Il n'a pas dit un mot et je n'ai pas dit un mot. Finalement, il est parti vers 3 heures du matin. J'avais peur de marcher mais lentement, je suis rentrée à la maison et j'y suis arrivée vers 7 heures 30 du matin. A la question de savoir comment son mari l'avait traitée quand elle est rentrée chez elle, Georgette W. Mon mari ne m'a pas maltraitée. Il était juste inquiet des maladies que pouvait avoir le soldat.

Je suis allée me faire tester et je n'avais aucune maladie. Nos voisins ne sont au courant de rien. Mon mari m'a dit de ne rien dire à personne. Il a dit, "Dis juste aux gens que tu es partie pour quelque temps. Ils ont pris tout ce que nous avions … toutes nos affaires et nos trois chèvres et ils ont encore fait ça. En mai , des hommes armés ont attaqué le village de Marie G. Ces hommes ont également pillé et brûlé de nombreuses maisons. Ayant perdu tous ses biens, elle s'est rendue à Kalonge pour se procurer de la braise à vendre afin de pouvoir s'acheter des vêtements.

Une fois là-bas, elle a été enlevée, une nuit, par trois membres rwandais d'un groupe armé majoritairement hutu qui sont venus, vers 20 heures, dans la maison où elle se trouvait. Elle a offert à ses assaillants une chèvre s'ils la laissaient tranquille mais ils ont refusé son offre en disant qu'ils avaient besoin de filles.

Elle a été rejointe par deux filles qui avaient été capturées le même jour, alors qu'elles se rendaient à Kalonge pour y acheter de la braise, Chantal R.

Toutes les deux ont également été interrogées par notre équipe. Là-bas, on leur a dit de cuisiner et de préparer un lit avec de l'herbe et un sheeting.

Les trois captives ont dit que les hommes s'appelaient Lukala, Nyeka et Vianney. Ils étaient habillés en civils et étaient armés de fusils et de machettes. Entre eux, ils parlaient kinyarwanda, mais ils parlaient kiswahili avec les filles.

Chaque combattant a pris l'une d'entre elles. C'est Lukala qui a exigé des relations sexuelles de Marie G. Lukala lui a dit: Elle a entendu les deux autres filles crier. L'homme m'a dit, 'Elles ont déjà commencé à travailler, pourquoi tu me fais des problèmes? Tu ne peux rien faire contre," il l'a violée pour la première fois de ce qui allait être une longue série d'agressions.

Il m'a fait beaucoup souffrir," a déclaré Marie G. Il l'a menacée de la tuer et après plusieurs heures, a commencé à la violer de nouveau. Il l'a violée cinq fois au cours de la première nuit. Après cette nuit, Vianney, le chef du groupe, a aussi voulu "l'avoir". Après une dispute avec Lukala à ce sujet, elle a passé la seconde nuit avec Vianney.

Il lui a dit qu'il allait être beaucoup plus gentil avec elle que ne l'avait été Lukala et qu'elle n'aurait à coucher avec lui qu'une fois par nuit et qu'ensuite, elle pourrait dormir. Elle lui a dit qu'il n'était pas facile, pour elle, de dormir compte tenu des circonstances. Effrayée et craignant d'être ensuite retrouvée, Marie G. Elle a également menti, prétendant qu'elle avait deux enfants et a supplié qu'on la relâche. Vianney lui a répondu qu'il ne pourrait la relâcher que si Lukala était d'accord.

Elle a fait appel au sens moral de Vianney en lui disant qu'il ne voudrait pas que des membres de sa propre famille soient ainsi traités. Ses assaillants ont laissé Marie G. Peu de temps après, début juin , ces mêmes trois assaillants ont capturé deux jeunes filles, Cécile K. Ils les ont détenues de deux à trois semaines.

Ils l'ont accusée d'être une "amie des Tutsi". Ils lui ont dit qu'ils avaient dû laisser leur famille derrière eux, au Rwanda mais qu'elle avait beaucoup de chance d'avoir encore ses parents. Quand elle s'est mise à pleurer, ils lui ont dit: Tu n'es pas plus importante que ceux que nous avons laissés au Rwanda. Les ravisseurs ont violé les filles de façon répétée et les ont fait cuisiner et accomplir d'autres travaux domestiques.

Il semble que ce groupe d'hommes ait enlevé de nombreuses femmes et filles auparavant, l'un d'entre eux prétendant qu'ils avaient eu quarante femmes. Trois semaines après la capture de Béatrice et de Cécile et une semaine après celle de Valérie J. Selon les filles, les trois hommes affirmaient qu'ils recevaient leurs ordres d'un "commandant" mais elles pensent qu'il s'agissait là d'une ruse pour les intimider.

Les trois hommes n'étaient jamais ensemble avec qui que ce soit d'autre et n'avaient ni radio, ni téléphone portable ce qui pourrait indiquer qu'ils agissaient indépendamment d'autres forces hutu dans la région. Sur une période de plusieurs semaines, ils se sont déplacés plusieurs fois dans la forêt, peut-être parce qu'ils étaient conscients que les troupes au Congo étaient à leur poursuite.

Une représentante d'une organisation de femmes a expliqué que la violence sexuelle avait récemment augmenté, en partie parce les assaillants trouvaient peu de choses à voler chez des gens déjà attaqués à plusieurs reprises et voulaient donc les punir pour ce qu'ils percevaient comme un manque de soutien.

Plusieurs bandes armées ont traversé les environs. Il y a eu beaucoup de pillages… Les gens sont laissés sans rien et dans certains cas, ils ont été déplacés. Comme il ne reste plus rien à voler, les bandes armées sont passées au viol systématique… Il y avait des viols avant cette année mais les gens n'en parlaient pas.

Finalement, cela faisait tellement de viols que nous avons fini par aller à la paroisse et avec l'aide reçue là bas, on a eu le courage de parler de ce problème. Tout a commencé à une heure du matin. On était tous en train de dormir. J'ai entendu du bruit et j'ai été la première à me réveiller. Ils étaient dix, je pouvais les voir et les compter. Ils sont entrés dans notre concession. Je voulais me cacher mais je n'ai pas pu.

Ils ont dit, "Donne-nous ton argent. Je leur ai dit qu'il n'y avait personne. Mais ensuite, mon père s'est levé avec une torche. Les combattants ont vu la lumière et ont dit, "C'est qui avec la lumière? Je ne sais pas comment mais mon père a pu s'échapper en courant très vite, entre les deux. L'un d'eux m'a dit, "On va te tuer parce que tu l'as laissé partir. Le chef a dit aux autres de tuer papa. Je pensais qu'ils allaient tous nous tuer. Ma mère ne savait pas si elle devait courir avec mon père.

Elle s'est cachée sous le lit et priait avec son rosaire. Maman a pu s'enfuir en courant lorsque d'autres soldats sont entrés dans la maison. Deux d'entre eux nous surveillaient. Il y en avait un autre dans la maison. Ils ont tout pris et nous ont demandé quelles autres choses possédait la famille. On a dit que les seules choses qui restaient étaient les vêtements que nous portions, tout le reste était dans la maison. Ils ont laissé les chèvres et les poulets mais ont pris tout le reste.

Je pensais que si le Seigneur dit que notre heure est venue, c'était maintenant que nous allions mourir. Les combattants ont dit, "On peut vous tuer," et ils ont tiré en l'air quatre fois pour nous montrer ce qu'ils pouvaient faire.

Il y avait une autre fille qui vivait chez nous, une orpheline qui dormait habituellement avec moi mais cette nuit là, elle était seule dans une autre petite maison.

Elle nous a vus dehors mais je ne sais pas comment, elle n'a pas vu les combattants. Je la voyais qui s'approchait lentement de nous et je me demandais ce qu'elle faisait.

Je ne pouvais pas l'empêcher de s'approcher — elle s'est approchée de nous lentement et a dit, "Qu'est-ce-qui se passe? Mais eux l'ont vue et ils l'ont prise et l'ont battue, lui ont donné des coups et l'ont fouettée avec une corde. Elle a dit qu'elle préférait être tuée plutôt que de souffrir avec eux.

Ils l'ont alors jetée au sol avec nous toutes. Les assaillants ont ensuite violé chacune des cinq filles. La plus jeune avait quatorze ans. Chaque combattant a pris l'une d'entre nous et l'a emmenée vers l'une des petites maisons, hors de la concession. On ne pouvait pas résister. Ils parlaient kinyarwanda et lingala, ils étaient à la fois congolais et Interahamwe.

Ils se donnaient des noms comme Kofi et Bamba. Ça n'a pas pris longtemps. Je pense qu'ils n'avaient pas besoin de nous tuer. Ils ont fait ce qu'ils voulaient faire. Ils ont tout volé et sont partis à environ 4 heures du matin. Puis papa est rentré. On pensait qu'il était mort. Alors quand on l'a vu, on était tellement contentes.

Aucun des coups de feu ne l'avait touché. On est resté à la maison le reste de la nuit mais la nuit suivante, personne ne voulait y dormir. Je retourne parfois dans notre village mais je ne dors pas bien quand je suis là-bas. Les voisins savent qu'on a été volé mais ils ne savent pas ce qui m'est arrivé. Alors que les combattants opposés au RCD sont le plus souvent accusés des actes de violence sexuelle qui se sont produits aux environs du Parc National de Kahuzi-Biega, les soldats du RCD ont aussi attaqué des femmes et des filles.

Elle a ainsi raconté: C'était en juin J'ai quitté ma maison dans la soirée pour aller acheter de la nourriture pour mes enfants. Un soldat m'a attaquée et m'a poussée hors de la route. Il m'a demandé en kinyarwanda ma carte d'identité. Il portait un uniforme et avait un fusil.

Il m'a poussée dans les buissons. Je portais mon bébé sur le dos. Il avait un mois et une semaine. Il a enlevé le bébé de mon dos et l'a jeté au sol, sur le ventre. Il a mis un fusil contre ma poitrine.

Quand j'ai fait un geste pour sauver mon bébé, il a arraché mes vêtements et m'a violée. Tout s'est passé très vite, il n'est pas resté très longtemps. Après cela, il est parti. J'ai ramassé le bébé et je suis rentrée à la maison.

J'ai raconté à mon mari ce qui s'était passé. Je venais d'avoir mon bébé et j'avais besoin d'aide. On m'a soignée [dans une clinique]. On a trouvé que j'avais une maladie sexuellement transmissible et maintenant, mon mari l'a aussi. J'ai aussi des démangeaisons de peau et j'utilise de la médecine locale contre ça. Je ne pense pas que j'ai été visée en particulier, par ce soldat. Tellement d'autres personnes ont aussi été attaquées. C'était le 25 avril J'étais au village avec ma famille.

Mon père avait vendu un poulet. Des hommes sont venus cette même nuit et lui ont dit de leur remettre l'argent de la vente du poulet. Notre famille [Jeannette T. Ils ont blessé mon père au couteau. Toute la concession était remplie de soldats. Ils avaient des couteaux et des fusils. Ils parlaient un peu de lingala et un peu de kinyarwanda. Ils ont pris tout ce qu'il y avait dans notre maison.

Je me suis cachée derrière des arbres, sur une colline un peu au dessus de la maison. Le lendemain matin, je suis retournée à la maison. J'y ai trouvé mon père, toujours blessé, avec un voisin qui essayait de l'aider. Après trois jours, ma mère est rentrée.

Mon père voulait partir les chercher et essayer de trouver de l'aide mais les voisins ont dit que s'il faisait cela, les Tutsi extermineraient toute la famille. Maintenant, on est à Bukavu et des membres de la famille de nos vieux voisins nous ont un peu aidés mais on n'a même pas de vêtements. Il n'y avait pas de raison de s'en prendre en particulier à mon père qui est un bon chrétien. Les données recueillies par nos chercheurs sur le viol et les autres formes d'abus sexuels dans la région autour du Parc National de Kahuzi-Biega recoupent celles rassemblées, indépendamment, par deux organisations locales de défense des droits humains.

L'association congolaise de défense des droits des femmes, PAIF, a enregistré soixante-neuf cas de viols perpétrés par des bandes armées majoritairement hutu et par des soldats du RCD, dans la zone d'Irhambi-Katana du territoire de Kabare, entre mai et septembre Une seconde organisation a rapporté que des "hommes en uniformes identifiés comme des Interahamwe" ont tué, violé et pillé si fréquemment des villages proches du Parc National de Kahuzi-Biega que les résidents ont abandonné leur maison pour dormir dehors, en quête de sécurité.

La ville de Shabunda, à kilomètres au sud ouest de Bukavu, dans le territoire de Shabunda, occupe une position stratégique pour assurer le contrôle de l'est de la province et de son importante richesse minière.

La ville est entourée de trois côtés par la rivière Ulindi au-delà de laquelle s'étirent, sur des centaines de kilomètres, de larges étendues d'épaisse forêt équatoriale.

Les habitants de la ville, comme ceux des villages environnants, dépendent de la forêt pour la plupart des produits de première nécessité: Compte tenu de la distance avec les autres centres et du mauvais état des routes, Shabunda importe peu de biens de l'extérieur et ces derniers arrivent d'ordinaire par les airs. Avec le conflit actuel, la ville est de plus en plus isolée. Fin , l'atmosphère à Shabunda était celle d'une forteresse assiégée.

Les Mai-Mai n'ont pu occuper la ville qu'occasionnellement et brièvement comme au début de l'année , mais ils contrôlent la plupart de la forêt environnante. Comme l'a déclaré le Bureau des Nations Unies pour la Coordination des Affaires Humanitaires OCHA , "la ville de Shabunda est le seul endroit sur l'ensemble du territoire où l'on peut accéder à la population sans courir le danger de subir les intrusions de bandes armées.

Quand les combats se sont intensifiés début , environ la moitié de la population de la ville de Shabunda a pris la fuite — la plupart vers la forêt — réduisant le nombre d'habitants de plus de 32 , en à 17 , début Les résidents des villages environnants ont aussi cherché refuge dans la forêt.

Dans sa lutte pour le contrôle du territoire, chaque côté a utilisé la violence, y compris la violence contre les femmes et les filles, pour gagner ou conserver le contrôle sur la population locale. D'autres ont souhaité rentrer chez eux mais ont craint une attaque des Mai-Mai s'ils tentaient de le faire. Pour accélérer leur retour, le RCD a apparemment annoncé lors d'une réunion publique que les civils qui ne rentraient pas de la forêt seraient considérés comme des ennemis et soumis à une attaque.

Pendant une certaine période, les soldats du RCD ont interdit aux résidents de la ville d'aller cultiver leurs champs et de rassembler nourriture et bois dans la forêt — ou ont limité les périodes autorisées pour le faire — espérant apparemment ainsi empêcher toute collaboration entre eux et les Mai-Mai.

En mars , les troupes du RCD ont organisé une Force de Défense Locale, force paramilitaire armée et formée au minimum, recrutée dans la région et dont les membres continuent de vivre chez eux, tout en accomplissant des patrouilles et autres devoirs militaires.

Chaque foyer dans la communauté devait contribuer au soutien de la Force de Défense Locale avec deux verres de riz, tous les deux jours. Ceux qui voulaient quitter la forêt mais craignaient une attaque des Mai-Mai ont accueilli avec satisfaction l'assistance du RCD et de la Force de Défense Locale. La ville de Shabunda est exceptionnelle pour le nombre de femmes et de filles qui ont publiquement admis avoir été violées, la plupart par des Mai-Mai. Le gouverneur du Sud Kivu estimait que 2 à 3 femmes et filles avaient été violées, entre la fin et la mi Une congrégation religieuse rapportait avoir aidé environ 2 femmes et filles violées.

Un employé d'une organisation d'aide humanitaire a fait le commentaire suivant: Elles pensent que les crimes sont tout aussi largement répandus ailleurs dans l'est du Congo mais qu'ils restent en partie cachés à cause de la réticence continue des femmes à en parler. Dans d'autres endroits, elles ne l'ont pas eu," nous a dit une infirmière d'une agence internationale ayant beaucoup travaillé au Sud Kivu.

Des membres de leur famille, des amis ou d'autres femmes capturées ont été forcées d'assister aux viols. Dans plusieurs cas, des enfants auraient été contraints de maintenir leur mère au sol pendant la durée du viol. De plus, beaucoup de femmes enlevées par des Mai-Mai ont été détenues pendant de longues périodes, jusqu'à un an et demi.

Généralement, il était entendu que des femmes et des filles rentrant chez elles après avoir été retenues si longtemps, avaient été violées et la plupart n'ont pas estimé utile de prétendre le contraire. D'autres femmes et filles sont rentrées avec des blessures évidentes qui ne pouvaient avoir été infligées que lors d'agressions sexuelles. Parfois, des femmes et des filles ont été violées avec des objets tels que des bâtons de bois et des piments.

Certaines femmes et filles se sont aussi retrouvées enceintes suite au viol qu'elles avaient subi. D'autres circonstances ont apparemment contribué à la volonté des femmes et des filles de Shabunda de parler des viols et des autres abus sexuels qu'elles avaient endurés.

Un groupe de soutien assiste des victimes - l'un des rares opérant dans la région - et une organisation internationale a fait l'expérience de traiter, gratuitement, des femmes et des filles pour des blessures et des complications liées à leur viol. Les autorités du RCD perçoivent un avantage politique à attirer l'attention sur les viols et les autres abus commis par leurs opposants.

Le gouverneur de la province a encouragé les organisations humanitaires et les journalistes à examiner le problème.

La majorité des femmes et des filles décrivent ceux qui les ont violées comme "Mai-Mai", un terme qui peut simplement signifier qu'ils sont membres de la population locale. Un prêtre du territoire de Shabunda faisait le commentaire suivant: Ce sont des gens d'ici …des jeunes des environs, des Interahamwe. Elle nous a dit que sa famille avait été prise pour cible en partie parce que les Mai-Mai pensaient que son mari était lié au RCD.

On est allé dans la forêt au début de la guerre. Mon mari pensait que la forêt était plus sûre et il n'y avait rien à manger en ville. Mais on est retourné en ville en En juillet , les Mai-Mai sont venus et ont pris mon mari. Ils m'ont battue, ils ont tué mon mari par balle et ont coupé son corps devant moi. Ils ont dit que mon mari était un espion pour le compte des Tutsi.

Il y avait huit Mai-Mai. Deux m'ont maintenue au sol et les autres m'ont violée. Ils ont posé deux couteaux sur mes yeux et m'ont dit que si je pleurais, ils me couperaient les yeux. Les Mai-Mai parlaient kiswahili, kilenga, lingala et kinyarwanda. Ils étaient sales, ils avaient des puces. On n'avait pas d'abri. Il y avait juste des feuilles pour dormir dessus et quand il pleuvait, on était trempé.

On avait des nattes avec nous mais les Mai-Mai nous les ont prises. Ils étaient nombreux pendant la période où j'étais dans la forêt, peut-être ou plus. Ils nous nourrissaient parfois de petits animaux qu'ils tuaient mais ils ne nous donnaient pas beaucoup de nourriture. Les Mai-Mai ont parfois tué et violé des résidents qui, selon eux, avaient accepté l'autorité du RCD en quittant la forêt.

Dans un tel cas, début septembre , les Mai-Mai ont attaqué un groupe qui avait quitté la forêt, peu de temps auparavant, sous escorte du RCD. Ce groupe était rassemblé pour prier dans une église du village de Masanga, à environ quarante kilomètres de Shabunda. Elle vivait dans la forêt avec sa famille, près de Minoro, un village à environ quarante-cinq kilomètres de Shabunda. Son mari avait été pris, un an auparavant, par les Mai-Mai et elle ne l'avait pas revu depuis.

Après être resté près de Minoro pendant deux ans environ, le RCD est venu et a pris de nombreuses familles qui étaient dans la forêt et nous a réinstallés à Masanga. Dans notre cas, un garçon qui nous connaissait a dit au RCD où on était et ils sont venus nous chercher.

Mais avant qu'ils nous installent à Masanga, le RCD a pillé nos maisons et a tout pris. On était à Masanga depuis peu, peut-être deux semaines, quand de nombreuses familles chrétiennes qui étaient dans la forêt se sont rendues à la messe du matin, dans la paroisse de Masanga. On était dans la forêt depuis longtemps et on était impatient d'aller à la messe. C'était la messe de 8 heures 30 du matin. J'y étais avec mes cinq enfants mais seules les trois filles sont entrées dans l'église.

Les deux garçons étaient dehors avec d'autres enfants. Il était environ 10 heures 30 et l'église était toujours pleine. Tout à coup, on a entendu des coups de feu venir de partout. C'était des coups isolés pour certains mais il y avait aussi une arme automatique. Il y avait de nombreux Mai-Mai hors de l'église. Les gens ont essayé de courir mais c'était une telle panique que la foule bloquait la porte.

Certaines personnes ont réussi à courir. Parmi ces gens, certains se sont échappés vers la forêt qui est proche de Masanga. Certains ont été touchés mais ont réussi à atteindre la forêt où ils sont morts. Certains ont été tués près de l'église ou sont morts avant d'atteindre la forêt.

Quand on est allé chercher les morts, après le départ des Mai-Mai, on a trouvé vingt-sept corps dans la forêt et douze près de l'église en plus des quatre personnes tuées dans l'église. Mes deux fils ont réussi à prendre la fuite et n'ont pas été blessés. Après le départ, en courant, de certains, six Mai-Mai sont entrés dans l'église. Ils portaient des uniformes et des masques et avaient des peaux d'animal sur la tête. Ils étaient très sales.

Il y avait des Batembo, des Bakongo et des Bahutu [97]. A ce moment là, on n'était plus tellement nombreux dans l'église — quatre femmes, trois femmes plus âgées et moi — et des enfants. Les soldats [c'est-à-dire les combattants] nous ont violées toutes les quatre.

Ils m'ont frappée avec un bâton deux fois. Ils ont dit qu'on était bête d'obéir au RCD et ils ont dit qu'ils sauveraient le peuple congolais. Ils sont restés dans l'église pendant environ trente minutes puis ils sont partis. Les autres femmes qui ont été violées étaient âgées et elles ne peuvent en parler. Je n'ai personne pour m'aider et il ne me reste rien.

Il n'y a pas de services de santé à Masanga donc je n'ai pas pu recevoir d'aide médicale. J'ai encore très mal mais j'ai mes règles [indiquant ainsi qu'elle ne pense pas être enceinte].

Les Mai-Mai ont attaqué les femmes qui cherchaient la sécurité en se réfugiant temporairement dans la forêt ainsi que celles qui restaient en ville mais continuaient à se rendre dans la forêt pour cultiver, chercher de la nourriture ou faire du charbon afin d'assurer leur survie et celle de leur famille.

Un responsable des Nations Unies a déclaré que les femmes et les filles à Shabunda, comme celles qui vivent du commerce du charbon dans le Parc National de Kahuzi-Biega, "sont très exposées pour des raisons liées aux moyens d'existence et à la survie. Ce sont elles qui vont chercher le bois, la nourriture, les fruits et elles sont prises quand elles font cela.

Mais elles doivent continuer à le faire même après avoir été violées. Il y avait aussi sept hommes avec nous qui nous aidaient à travailler dans les champs. Un groupe de Mai-Mai est arrivé vers nous. Les hommes les ont entendus venir et ont tous pris la fuite.

Ils ont maintenu mes pieds en l'air, ont écarté mes jambes et m'ont violée. Ils ont dit que s'ils trouvaient les hommes qui avaient pris la fuite, ils les mangeraient.

Les deux responsables portaient des uniformes. Les autres n'avaient que de vieux vêtements. Ils portaient sur la tête des peaux d'animaux et des plumes et autour de leur cou, ils portaient la drogue qui leur donne de la force selon eux. Je ne voyais vraiment que leurs yeux, tout le reste était caché. Ils se comportaient comme des fous, comme s'ils étaient drogués. Ses voisins sont venus lui porter assistance quand ils ont entendu que les Mai-Mai étaient partis.

Elle a pris des produits de la médecine traditionnelle que sa mère connaissait, dans la forêt, "de la sorte de ceux qu'on donne aux filles qui commencent juste à avoir leurs règles. Elle a continué à vivre dans la forêt pendant un an et un mois et a dû, une fois, travailler pour les Mai-Mai. Décrivant ses conditions de vie pendant cette période, Solange C. J'ai mangé du manioc pendant cette période ou des feuilles, sans huile ni sel.

J'ai utilisé des feuilles de papaye [pour me laver] parce qu'il n'y avait pas de savon. Ils [les Mai-Mai] étaient couverts de puces alors on a eu des piqûres de puces et la gale. On dormait juste sur des feuilles, sans abri. Parfois, il y avait un feu pour nous tenir chaud.

Les enfants sont tombés malades et je leur ai donné les remèdes que je trouvais dans la forêt. Seule la force de Dieu nous a préservés pendant tout ça. Quelqu'un leur a dit où nous étions et ils ont dit que quand on entendrait des tirs, on devrait suivre ce bruit et nous diriger vers eux.

C'est ce qu'on a fait. Environ trente personnes sont ainsi sorties avec nous. Notre équipe de recherche a également parlé avec un homme dont la femme avait été enlevée par les Mai-Mai, en juin Il est resté à Shabunda avec leurs deux jeunes enfants. Sa femme n'a pas été vue depuis mais d'autres femmes qui avaient également été enlevées et qui s'étaient échappées avec l'aide de la Force de Défense Locale et du RCD lui ont donné des nouvelles de son épouse.

Elles lui ont dit qu'elle avait été prise par des Mai-Mai encore plus avant dans la forêt. De plus, certaines des femmes et des filles de Shabunda ont déclaré que leurs assaillants étaient des hommes jeunes des villages du coin ou des bandits de la région qui utilisaient simplement le nom de Mai-Mai afin de couvrir leurs crimes.

En juin , Angélique H. Elle a qualifié les trois violeurs de Mai-Mai mais a également affirmé qu'elle les avait reconnus comme venant de son village. Au début, ils étaient bons mais ensuite, ils sont devenus mauvais. Elle ne les connaissait pas mais a affirmé qu'ils étaient "des garçons du village. Plusieurs témoins nous ont dit que les soldats du RCD et de l'APR avaient également commis des viols mais que personne n'osait en parler ouvertement.

Dans certains cas, les autorités civiles elles-mêmes craignent le RCD et l'armée rwandaise dont la présence militaire est très marquée dans la ville de Shabunda. Un habitant de Shabunda a déclaré à notre équipe: Les autorités ne veulent pas des Rwandais ici mais elles n'ont pas le courage de le dire.

Aucune autorité n'est capable de diriger, elles n'ont pas de conscience. Pendant plusieurs années, les forces du RCD et leurs alliés, les armées rwandaises et burundaises ont livré bataille contre les Mai-Mai et les forces rebelles burundaises, le FDD et le FNL pour obtenir le contrôle des territoires de Fizi et d'Uvira. Le RCD, l'APR et des unités de l'armée burundaise alliées à eux contrôlent certaines parties de la plaine, le long du lac Tanganyika et de la rivière Rusizi y compris la ville d'Uvira, certaines villes au nord et la route principale reliant ces points.

Le RCD contrôle, en théorie, les hauts plateaux habitées par les Banyamulenge mais récemment il a combattu une rébellion menée par une milice Banyamulenge dans cette région. Les parties en guerre combattent actuellement pour une bonne partie de la région, du sud d'Uvira à Fizi, le long du lac Tanganyika, une zone contestée depuis quelque temps. Des organisations locales de défense des droits humains ont rapporté de graves violations du droit humanitaire international, y compris un bombardement naval de villages situés le long du rivage du lac par les forces alliées du RCD et l'armée burundaise gouvernementale, ainsi que des massacres de civils.

Parce que les parties qui s'affrontent cherchent parfois à démontrer leur contrôle des routes en organisant des embuscades de voyageurs, les habitants de la zone voyagent moins maintenant que par le passé.

Les principaux commerçants locaux sont des femmes et des filles. Craignant d'être violées ou tuées en s'aventurant sur les routes, elles ont presque cessé d'assurer leur commerce entre Uvira et Fizi ainsi qu'entre Uvira et le moyen-plateau. De moins en moins de biens produits localement à Fizi, tels que du manioc, de la braise, des noix de palme et du poisson, atteignent Uvira et de moins en moins de biens importés d'Uvira, tel que du gaz, des vêtements, du sucre, de la bière, du savon et du sel sont livrés à Fizi.

Le sel et le savon manquent dans certaines zones. Les activités de pêche sur le lac ont diminué parce que l'équipement a été pillé et que de nombreux pêcheurs sont partis ou ont été tués.

Le nombre de veuves et d'orphelins a augmenté. Avec la chute du commerce et une chute correspondante des revenus, de moins en moins de familles peuvent se permettre d'envoyer leurs enfants à l'école. Beaucoup ne peuvent s'offrir qu'un seul repas par jour. Mi, les troupes de l'APR, redéployées depuis Pweto, ont conduit des combats plus vigoureux contre les Mai-Mai et les rebelles burundais du FDD [] qui, opérant depuis leur base de la péninsule d'Ubwari, avaient pris les villes situées entre Uvira et Fizi et contrôlaient la majeure partie de la route entre les deux villes.

Des milliers de personnes déplacées ont fui vers Baraka et Uvira et d'autres ont franchi la frontière avec la Tanzanie. Comme ailleurs à l'est du Congo le nombre de viols dans cette région, a augmenté avec la montée des activités militaires. Parmi les personnes déplacées par les combats entre le RCD, les forces Mai-Mai et les forces FDD qui ont débuté mi, des femmes et des filles de Swima, Mboko, Kabumbe et Kazimia ont rapporté avoir été violées au cours des affrontements militaires ou peu de temps après.

Par exemple, une vieille femme disait que sa belle-fille avait été violée en août par trois soldats qu'elle a décrits comme "Banyamulenge". Ce viol s'est produit lorsque ces hommes tentaient de rentrer chez eux à Kabumbe, après avoir fui les combats entre le RCD et les Mai-Mai.




sexe en folie viol sexuel

Peu importent les circonstances d'une agression sexuelle, la victime n'est pas responsable, peu importe comment elle est habillée, peu importe son état ou son comportement. Cela peut arriver à n'importe qui: C'est à elles que les proches et les intervenants vont faire sans cesse la morale, ce sont elles qui vont être méprisées.

Les victimes de violences sexuelles restent fréquemment sans secours, mais de plus leur agression est ignorée voire niée, et leur agresseur n'est absolument pas inquiété. Déni et loi du silence règnent en maîtres, et s'imposent d'autant plus facilement que les victimes sont prisonnières de troubles psychotraumatiques et de stratégies de survie qui leur brouillent encore plus l'accès à leur vérité:.

Il faut rappeler que les violences sont des situations anormales entraînant des conséquences psychotraumatiques normales, fréquentes, graves et durables, qui sont liées à la mise en place de mécanismes neurobiologiques de sauvegarde , se référer à MÉCANISMES Et devant des enfants, des adolescents en grande souffrance, suicidaires, dépressifs, insomniaques, ayant fait des fugues, en échec scolaire, ayant des troubles du comportement alimentaire, des conduites addictives alcool, drogues, tabac, jeux, sexualité , des conduites à risque, la plupart des proches et nombre de professionnels ne se posent pas la question qui serait essentielle: Au contraire, c'est plutôt: Ils nous font honte!

Les professionnels du secteur social et de la santé posent encore beaucoup trop rarement aux personnes qu'ils prennent en charge la question sur l'existence de violences subies, particulièrement sexuelles. En effet, le plus souvent c'est la victime qui est considérée comme coupable. Cet ensemble crée une vision prédatrice et pulsionnelle de la sexualité masculine avec des rôles caricaturaux distribués aux hommes et aux femmes. Cette représentation de la sexualité, à laquelle presque tout le monde adhère par conformisme, infecte les relations entre les hommes et les femmes et les relations amoureuses.

Cette représentation permet à certains hommes de se livrer à des conduites dissociantes efficaces pour auto-traiter leur mémoire traumatique, mais ces conduites dissociantes violentes dégradent les femmes. Cette représentation prédatrice de la sexualité participe au maintien de l'inégalité entre les sexes. Et tous ceux qui ne veulent pas renoncer à une rencontre véritable et à l'amour, et heureusement ils sont nombreux, doivent se battre pour sortir de ces schémas réducteurs et emprisonnants.

Les femmes, et aussi les hommes, pourraient gagner beaucoup à dénoncer ces stéréotypes et cette violence, en récupérant une sexualité non traumatique, enfin libre, avec un plein accès à leur désir et à leur plaisir.

Elles sont un marqueur du contrôle social des femmes, ces discriminations fondées sur le sexe sont une violence symbolique, bien décrite par Pierre Bourdieu, elles sont le lit qui permet à toutes les autres violences de s'exercer dans la plus grande impunité, elles fonctionnent comme un permis d'instrumentaliser les femmes comme des esclaves domestiques et sexuelles pour le confort de privilégiés et comme des fusibles pour s'anesthésier en cas de mal-être ou de tension dus à une mémoire traumatique.

En cela elles génèrent chez les agresseurs qu'il vaut mieux nommer pédocriminels plutôt que pédophiles des stress encore plus extrêmes puisqu'il s'agit de violences inouïes, et des disjonctions encore plus violentes, avec des quantités très importantes de drogues dissociantes sécrétées par le cerveau, et donc des addictions sévères à ces violences.

Le plus souvent ils agressent toute leur vie de nombreux enfants, avec une longue carrière de criminels ; ils peuvent commencer tôt à l'adolescence, puis continuer dans le cadre de leur famille leurs enfants, leurs neveux et nièces , dans le cadre de leur travail qu'ils peuvent choisir en fonction de la possibilité qu'il offre de côtoyer de près des enfants: Parallèlement ce sont aussi fréquemment des producteurs et des consommateurs de pédopornographie photos, vidéo par l'intermédiaire des sites internet et de prostitution enfantine.

Il est donc essentiel de tout faire pour arrêter le plus tôt possible ces agresseurs, de les confronter à la loi et de les traiter avant qu'ils ne deviennent de redoutables prédateurs. Pour cela il faut les identifier et surtout repérer les victimes et les prendre en charge aussitôt.

De plus, il est très rare qu'une victime d'un agresseur soit la seule a avoir subi des violences sexuelles , que ce soit dans une famille, dans une institution ou autre, il est alors essentiel de chercher d'autres victimes potentielles et de protéger les autres enfants. Les violences sexuelle commises envers les enfants par un adulte de la famille ou par un adulte ayant autorité constituent de ce fait, en plus de l'atteinte à l'intégrité physique et psychique, un grave abus de confiance et de pouvoir de la part d'adultes.

Elles génèrent chez l'enfant un sentiment de trahison qui entraînera même à l'âge adulte une absence de confiance vis à vis du monde, avec la sensation de ne pas y appartenir et de s'y sentir complètement étranger.

Cette absence de confiance s'accompagnera souvent d'une peur vis à vis de toute relation intime avec autrui. Les enfants victimes de violences sexuelles sur leur lieu de vie vivent dans un climat de grande insécurité et de terreur, toute leur énergie passe dans la mise en place de stratégies de survie et de défense. Elles ont des conséquences psychotraumatiques dramatiques, les violences sexuelles répétées sont de plus en plus traumatisantes et aboutissent à l'installation d'une mémoire traumatique qui génère une souffrance intolérable.

L'enfant, s'il n'est pas protégé, pris en charge et soigné, n'a pas d'autre possibilité pour survivre que de mettre en place des stratégies de défense qui passent par un état dissociatif permanent, avec une une anesthésie émotionnelle et une dépersonnalisation. Du fait de cet état permanent, les violences paraissent irréelles, comme si elles n'avaient pas vraiment existé. Et ces stratégies de survie sont souvent responsables, après la fin des violences, de longues périodes d'amnésie psychogène, les souvenirs pouvant revenir longtemps après, à l'âge adulte, à l'occasion d'un lien, d'une autre agression, d'une rencontre amoureuse, d'une naissance, d'un enfant qui atteint l'âge auquel les violences ont commencé, d'un deuil, d'une intervention chirurgicale, etc.

En juin , 4. La mobilisation des pouvoirs publics est notoirement insuffisante pour lutter contre la traite sexuelle des enfants, le tourisme sexuel et la pédocriminalité sur internet. Bien que des arrestations d'utilisateurs de sites pédopornographiques soient régulièrement et médiatiquement annoncées, les enfants piégés dans cette activité criminelle ne bénéficient pas d'une recherche active pour les identifier et les retrouver, alors que ces enfants sont en très grand danger et qu'il faudrait tout faire pour les retrouver et les soigner.

Ce sont toutes les interventions pratiquées sur les organes génitaux féminins sans raison médicale. Actuellement, entre et millions de fillettes et de femmes ont subi une mutilation sexuelle et, chaque année, deux millions de fillettes dans le monde sont encore soumises à cette pratique catastrophique pour leur santé physique et psychique, avec des conséquences très importante sur leur sexualité future et leur avenir obstétrical.

En France, 30 femmes et fillettes sont excisées et 20 ont un risque de l'être. Les mutilations sont le plus souvent pratiquées sur des fillettes. Les mutilations sexuelles féminines sont l'excision type I et II qui est une ablation totale ou partielle du clitoris type I et des petites lèvres type II , la plus fréquente en France, Afrique de l'Ouest et Egypte, et l'infibulation type III qui est une ablation du clitoris et de la totalité des petites et grandes lèvres, avec suture des berges de la vulve et rétrécissement de l'orifice vaginal la vulve devient une cicatrice très dure qu'il faudra inciser lors du mariage, des accouchements pratiquée surtout en Afrique de l'Est.

La loi française s'applique aussi quand la mutilation est commise à l'étranger, l'auteur, qu'il soit français ou étranger, pourra être poursuivi en France à condition que la victime soit française ou qu'elle réside habituellement en France. Pour plus d'informations, consulter le site du GAMS.

Ainsi le code pénal n'a défini le viol précisément qu'en , les lois de , , , ont élargi les délais de prescription des viols et des agressions sexuelles avec circonstances aggravantes commis sur les mineurs: Le délit de harcèlement sexuel n'a été crée qu'en ; le viol conjugal http: Avant l'adoption de ces textes, les personnes victimes de ces violences ne disposaient d'aucun recours juridique.

De facto, ces crimes deviennent donc imprescriptibles au regard du droit international, et le Conseil de sécurité appelle à les exclure du bénéfice des mesures d'amnistie prises dans le cadre de processus de règlement de conflits. Beaucoup d'associations dont la nôtre militent aussi pour que les violences sexuelles sur mineurs, particulièrement l'inceste, soient imprescriptible voir la page de l'association Un monde à travers un regard: L'achat de services sexuels en France n'est pas considéré comme répréhensible par la loi, seuls le sont les délits de proxénétisme, de prostitution forcée, de prostitution des mineurs, de pédopornographie et de tourisme sexuel sur des mineurs.

Depuis , la France est abolitionniste en matière de prostitution, ayant adhéré à la Convention pour la répression de la traite des êtres humains et de l'exploitation de la prostitution d'autrui, votée par l'Organisation des nations unies et ayant adhéré aussi à la CEDAW, Convention de l'ONU sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes.

Pourtant la France compte près de 20 personnes prostituées, et la pornographie, particulièrement sur le net, est florissante avec des mises en scène de plus en plus violentes. Les personnes prostituées dans le cadre de la traite ne sont pas considérées comme des victimes ; avec la loi LSI loi sur la sécurité intérieure sur le racolage même passif, elle peuvent être considérées comme des délinquantes, les "clients" ne sont pas considérés comme des auteurs de violences sauf si les personnes prostituées sont mineures ce qui reste très rarement pénalisé , contrairement à ce qui se passe dans des pays comme la Suède et la Norvège qui les pénalisent.

A ce sujet le lecteur peut télécharger la traduction française du rapport montrant que cette pénalisation de l'achat de services sexuels a eu en Suède l'effet escompté. Certains témoins ont affirmé que ce changement résultait de l'intensification du conflit avec les troupes étrangères quant au contrôle des ressources locales, dont les Mai-Mai avaient bien l'intention de tirer également profit. Les vrais Mai-Mai sont ceux qui ne violent pas, ils ne peuvent pas toucher les femmes.

Ils ont des règles. D'autres se sont ralliés aux Mai-Mai mais ne suivent pas leurs principes et ceci conduit à une indiscipline. Tout le monde est Mai-Mai. Au début [du conflit], ils étaient bons mais ils sont devenus mauvais. Les groupes Mai-Mai ne disposent pas de commandement central, ni de règlements unifiés.

Certains coopèrent vaguement avec d'autres mais beaucoup gardent leur autonomie et s'engagent même parfois dans des combats contre d'autres Mai-Mai. Certains Mai-Mai se sont alliés à des groupes rebelles majoritairement hutu, au gouvernement congolais et même aux forces armées ougandaises, à l'APR et au RCD, dans des alliances de court terme qui peuvent soudainement changer. Mi, le gouvernement congolais aurait sans succès essayé d'organiser les forces Mai-Mai sous son contrôle. Il continuerait apparemment à apporter un soutien logistique et militaire à certains groupes.

La guerre a fait payer un prix énorme aux gens ordinaires, coûtant la vie à 2,5 millions de civils sur les 20 millions de l'est du Congo, entre et , selon une estimation fournie par le International Rescue Committee. Ce chiffre représente une estimation du nombre de personnes mortes en plus du taux de mortalité qui serait normalement celui de cette population, sur cette période.

Ces morts sont davantage dues à un manque de nourriture, d'eau propre, de médicaments et d'abris qu'aux combats eux-mêmes. Les fonctionnaires, y compris le personnel médical et judiciaire, ne sont pas payés et sont démoralisés. Le chômage est très répandu, la corruption est devenue une nécessité pour la plupart des gens afin d'assurer leur survie et malgré l'énorme richesse minière du pays, l'économie s'est effondrée. Les quatre-cinquièmes environ des familles rurales ont fui leur maison au moins une fois, au cours des cinq dernières années.

Parce que les fermiers ont fui ou qu'ils étaient empêchés de se rendre dans leurs champs ou de porter leurs produits au marché, la production agricole a décliné et la malnutrition a augmenté. Selon des agents des organisations humanitaires ayant discuté avec les chercheurs de Human Rights Watch, la malnutrition était si sévère, fin , dans l'une des zones du sud Kivu, que seuls les adultes étaient encore capables de marcher jusqu'aux centres d'assistance.

Les enfants et les personnes âgées n'avaient plus la force d'entreprendre un tel déplacement. Les personnes appauvries trouvaient rarement l'argent nécessaire pour payer les services de santé. Même ceux disposant de ressources trouvaient la distance trop importante ou la route trop peu sûre pour se rendre dans un centre de santé ou une clinique. De plus, de nombreuses installations médicales ne fonctionnaient plus parce que leur personnel avait pris la fuite, parce que les fournitures étaient épuisées ou parce que les bâtiments avaient été endommagés ou détruits.

Selon un rapport de l'Organisation Mondiale de la Santé OMS et du Fonds des Nations Unies pour l'Enfance UNICEF , plus de 70 pour cent de la population congolaise n'ont effectivement pas accès à des soins de santé formels parce que les gens n'ont pas l'argent pour ces services ou parce qu'ils ne peuvent se rendre jusqu'à ces installations. Toutes les parties au conflit ont pris pour cibles des hôpitaux et des cliniques, parfois pour piller leur équipement et leurs fournitures, parfois pour punir le personnel d'avoir soi-disant aidé leurs opposants ou pour les empêcher d'apporter une telle aide à l'avenir.

Les soldats croyaient que le centre n'avait jamais été attaqué par des groupes armés hutu ou des Mai-Mai et que son personnel était par conséquent complice des rebelles. En fait, les soldats avaient tort puisque le centre avait déjà été pillé par un tel groupe avant d'être attaqué par les forces du RCD.

Même avant la guerre au Congo, les femmes et les filles étaient des citoyens de seconde classe. Le droit, ainsi que les normes sociales, définissaient le rôle des femmes et des filles comme celui de personnes subordonnées aux hommes.

Bien que les femmes soient souvent l'une des principales — si ce n'est la principale — sources de soutien pour la famille, le Code de la Famille congolais exige d'elles qu'elles obéissent à leur mari, reconnu comme le chef du foyer. Le statut d'une femme dépend de sa situation de femme mariée et les filles ont tendance à se marier jeunes. Il est généralement considéré plus important d'assurer l'éducation des garçons que celle des filles et un pourcentage plus élevé de garçons que de filles fréquentent l'école.

Les statistiques sur l'alphabétisation au Congo montrent comment une discrimination fondée sur le genre était la norme avant la guerre et continue d'être un problème aujourd'hui. Certains ont "résolu" des cas de viols en acceptant de l'argent de la part du violeur ou de sa famille ou en arrangeant un mariage entre le violeur et sa victime. A cause du nombre de cas traités de cette façon et à cause de la réticence des femmes à souffrir l'isolement qui va de pair avec le statut affiché de victime de viol, le nombre de cas officiellement rapportés est certainement très en dessous du nombre de crimes effectivement commis.

Les femmes et les filles qui sont violées souffrent d'une perte significative de statut social, comme nous le montrerons plus loin. Dans les cas de décès de femmes et de filles par meurtre ou manque de soins, la famille de la victime accepte parfois l'équivalent du prix d'une dot en compensation et ne donne pas d'autre suite au cas. Les femmes ne peuvent exiger de leur mari qu'il utilise des préservatifs et comme dans de nombreux pays, les relations sexuelles hors mariage sont tolérées pour les maris mais non pour les épouses.

Le principe des familles très nombreuses, qui constituent la norme au Congo, en particulier dans les zones rurales, tend à limiter les possibilités d'indépendance des femmes par rapport à leur mari. En dehors de la famille, les femmes ont, là aussi, des pouvoirs limités. Peu de femmes congolaises occupent des positions de leaders dans la société civile ou dans la sphère politique.

Bien que certains efforts aient été accomplis pour inclure les femmes dans le Dialogue inter-congolais, la vaste majorité des délégués sont des hommes. La guerre a épuisé les réserves des habitants de l'est du Congo. Le fardeau que représentent la lutte pour sa survie et les tentatives pour assurer que d'autres, dans la famille, survivent aussi est largement porté par les femmes.

Alors que la situation socio-économique s'aggrave, davantage de femmes et de filles en viennent à échanger relations sexuelles contre nourriture, abri ou argent afin d'assurer leur propre subsistance et celle de leur famille.

Le sexe de survie est différent des crimes de violence sexuelle commis par les soldats et les combattants. Mais le sexe de survie crée un contexte dans lequel les relations sexuelles abusives sont plus acceptées et dans lequel, de nombreux hommes — qu'ils soient civils ou combattants — considèrent le sexe comme un "service" facile à obtenir, moyennant pressions.

Une femme travaillant pour une organisation pour "filles dans des circonstances infortunées" nous a déclaré: A cause des circonstances et de la fréquence de leurs contacts avec des hommes en dehors du foyer, les femmes et les filles qui se livrent au sexe de survie risquent fortement d'être violées. Une femme a ainsi expliqué: On doit se soumettre à tout ce qu'ils font, être frappé et après, on est mal payé en plus. De nombreuses femmes vivant dans les camps militaires du RCD, y compris des veuves de soldats et des femmes dont le mari a disparu ou est absent parce qu'en service, souffrent de harcèlement sexuel et de viols commis par des soldats et des officiers.

Elles sont parfois contraintes d'échanger sexe contre autorisation de continuer à vivre dans le camp. Certaines de ces femmes distillent aussi des boissons alcoolisées et les vendent pour gagner un modeste revenu.

Des soldats qui viennent pour boire refusent parfois de payer et violent parfois ces femmes. En mars , une veuve a servi une bière locale à cinq soldats de l'APR. Ils ont refusé de la payer et l'ont ensuite violée, devant ses enfants.

Une activiste locale oeuvrant pour les droits de la femme a rapporté que la fille a eu des relations sexuelles avec des hommes qui avaient menacé de l'expulser de son refuge et du camp, et qu'elle était régulièrement violée par un lieutenant du RCD occupant un poste de commandement dans le camp. C'est une vraie guerre dans la guerre, une autre forme d'attaque contre le peuple congolais," déclarait un conseiller qui travaille avec des femmes et des filles soumises à un viol et à d'autres formes de violence sexuelle.

Des combattants du RCD, des soldats rwandais ainsi que des combattants des forces qui leur sont opposées — Mai-Mai, groupes armés de Hutu rwandais et rebelles burundais des FDD et du FNL — ont, de façon fréquente et parfois systématique, violé des femmes et des filles, au cours de l'année écoulée.

Des soldats et des combattants ont violé et par ailleurs, abusé de femmes et de filles dans le cadre d'un effort pour gagner le contrôle sur les civils et le territoire qu'ils occupaient et pour conserver ce contrôle. Ils ont attaqué des femmes et des filles parce qu'elles représentaient leur communauté, visant par les blessures et l'humiliation à terroriser ces femmes en particulier ainsi que de nombreuses autres.

Une jeune fille de seize ans, qui a été violée, nous a dit: Je sais qu'ils ne m'ont pas visée — n'importe quelle [femme] aurait subi la même chose — mais c'est inacceptable. Il y a beaucoup de filles qui vivent dans ces conditions. Ce rapport se concentre sur les crimes de violence sexuelle commis par des soldats et des combattants. Cependant, le viol et les autres crimes sexuels ne sont pas seulement pratiqués par des membres des factions armées.

Ils le sont aussi, de plus en plus fréquemment, par la police et d'autres personnes occupant des positions d'autorité et de pouvoir, et par des criminels de droit commun et des bandits opportunistes qui profitent du climat d'impunité généralisée et de la culture de violence pour abuser des femmes et des filles [56].

Par exemple, dans de nombreux cas, des soldats, d'autres combattants ainsi que des voleurs armés ont violé des femmes au cours d'un vol ou d'un pillage, parfois après volé tout ce qu'elles possédaient et parfois pour les punir si elles ne possédaient rien digne d'être volé. Si les crimes commis par des criminels de droit commun ne sont pas examinés en détail dans ce rapport, ce dernier étudie des cas d'attaques conduites par des hommes en armes pour lesquelles on dispose d'indications montrant que leurs auteurs pouvaient être des combattants.

Une telle indication peut être la langue des attaquants ; les attaquants parlant le kinyarwanda sont probablement membres de groupes armés rwandais ou de l'APR. Si les attaquants sont bien armés, ceci peut aussi indiquer un lien avec des groupes armés ou une armée régulière. Certains cas de violations relèvent des types d'abus classiques contre les civils, commis fréquemment par des combattants, comme les attaques de nuit contre des villageois ou les attaques à main armée dans la ville de Goma.

De tels faits sont par conséquent également décrits dans ce rapport. Les femmes et les filles qui ont été violées ou attaquées d'une autre façon identifient rarement les personnes qui ont commis ces crimes.

Dans de nombreux cas, elles ne connaissaient pas leurs agresseurs parce qu'ils ne venaient pas de leur communauté. Dans d'autres cas, en particulier si les agresseurs pensaient qu'ils pourraient être reconnus, ils ont tenté de cacher leur identité en masquant leurs visages ou en aveuglant les victimes au moyen de lampes.

Une victime a ainsi raconté: Il n'y avait pas de lumière. On n'avait même pas de pétrole pour allumer une lampe et la seule lumière, c'était quand ils braquaient une torche sur nos yeux. Je ne voyais pas bien ce qu'ils portaient. Ils avaient des masques et des chapeaux. On ne voyait pas leurs visages. Parfois, les survivantes et les témoins étaient en mesure d'identifier le groupe de soldats ou de combattants auquel les agresseurs étaient affiliés.

Ils savaient quels groupes avaient opéré dans leur région et où ils étaient basés. Ceci leur permettait d'identifier les agresseurs, en partie selon le lieu du crime. Dans certains cas, des survivantes et des témoins savaient que les agresseurs représentaient un certain groupe parce qu'ils avaient révélé leur appartenance à ce groupe à travers leurs paroles: Dans d'autres cas, des survivantes et des témoins ont tiré leurs conclusions, en partie, sur la base du calendrier de l'attaque: Ces attaques ont été menées après que ces soldats aient eux-mêmes été attaqués peu de temps auparavant par des groupes armés basés dans la région.

Lorsque l'apparence physique des assaillants semblait correspondre aux caractéristiques d'un groupe ethnique ou national, les survivantes et les victimes identifiaient parfois les agresseurs comme membres de ce groupe. Les victimes et les témoins s'appuyaient parfois sur la langue parlée par les agresseurs et même sur des nuances d'accent, régionales et autres. Dans d'autres cas, survivantes et témoins ont fourni des informations sur des types de comportement suggérant telle ou telle identification: Les Mai-Mai semblaient aussi plus enclins à exiger des femmes qu'elles accomplissent certains actes sexuels au profit d'un nombre donné de combattants dans le groupe alors que les agresseurs d'autres groupes armés attribuaient plus fréquemment les femmes qu'ils avaient enlevées, à des individus en particulier.

Dans un nombre significatif de cas, des femmes et des filles qui avaient été attaquées reconnaissaient la difficulté d'identifier de façon certaine leurs agresseurs et déclaraient simplement que ceux-ci étaient des "hommes armés en uniformes" ou simplement, "des hommes en uniformes". L'apparence physique des assaillants peut aussi être une caractéristique insuffisante pour permettre d'identifier un groupe, et même si une telle identification semble plausible, elle peut en fait s'avérer erronée.

Ils suspectaient qu'ils étaient plutôt membres de groupes armés opposés à l'APR ou des Congolais du coin, d'origine rwandaise. Avec l'augmentation du nombre de soldats hutu, dans les rangs de l'APR, à l'est du Congo, tirer avec certitude de telles conclusions n'est plus possible.

De plus, des agresseurs peuvent tenter d'induire victimes et témoins en erreur en parlant des langues qui ne sont pas leur langue habituelle. Le conseiller mentionné plus haut a fait le commentaire suivant: Dans certains cas, des assaillants ont prévenu les personnes présentes lors de l'attaque qu'elles devaient les identifier comme des membres d'un autre groupe. Dans de nombreux endroits, des individus ou de petits groupes ayant obtenu des armes commettent des crimes contre les habitants locaux, y compris des crimes de violence sexuelle.

Parmi les assaillants, se trouvent des personnes qui ont quitté l'une ou l'autre des forces armées ou les groupes de combattants opérant dans la région ainsi que d'autres ayant obtenu des armes à feu par des biais différents. Un représentant d'une ONG rurale qui assiste des femmes nous a affirmé que son groupe et lui pensaient que les Interahamwe étaient responsables des viols dans leur région jusqu'à ce qu'il apparaisse que les attaquants étaient des soldats, des rebelles Mai-Mai ou des déserteurs.

Il a ainsi expliqué: Mais on a découvert que c'était des enfants de notre village. On en a pris trois. Ils étaient venus pour voler dans le village et les villageois ont usé des tambours alors on les a pris. Ils ont des armes et connaissent l'endroit. Parfois, ce sont des déserteurs. Certains sont des Mai-Mai, d'autres des soldats. En général, ce sont des jeunes gens, les jeunes gens du quartier. Ils ne font rien. Ils aiment faire les malins, fumer de la drogue. Compte tenu des difficultés à identifier avec précision les agresseurs, certaines victimes, certains témoins et d'autres ont simplement attribué les crimes aux membres des groupes qu'ils détestaient.

Selon un défenseur des droits humains, "beaucoup parlent 'd'Interahamwe' mais il est dur de savoir si ce sont de vrais ou de faux Interahamwe. Il y a confusion.

Des accusations aussi automatiques et inexactes ne font que permettre à des assaillants coupables, d'échapper à la justice et les encouragent, ainsi que d'autres, à continuer à commettre leurs crimes, en toute impunité.

Les villes les plus importantes du Sud Kivu, ainsi que les routes principales, sont contrôlées par le RCD mais les forces Mai-Mai et les groupes armés majoritairement hutu contrôlent ou se battent pour contrôler des parties significatives du reste du territoire.

Les forces rebelles composées de Hutu rwandais sont basées dans le Parc National de Kahuzi-Biega, depuis quelque temps déjà et ont été accusées de nombreuses attaques sur des zones adjacentes, notamment à Bunyakiri, Kabare, Katana et Walungu [67]. Ces forces ont tué, violé et pillé les biens des civils qu'ils accusent de soutenir le RCD ou l'armée rwandaise.

Les forces du RCD et de l'armée rwandaise exercent le même type de violence sur les mêmes personnes, les accusant d'aider les groupes de Hutu rwandais ou les Mai-Mai. Des habitants sur place ont déclaré que les attaques sur les civils avaient débuté après la destruction des camps de réfugiés, en et après la dispersion, dans la région, des gens qui les habitaient, y compris les Interahamwe et les ex-FAR.

Mais après le départ des camps des réfugiés, il y avait des abahinzi étrangers et des Interahamwe dans la forêt," affirmait la représentante d'une organisation de femmes dont les membres viennent de villages tels que Kajeje, Murhesa et Kalonge, proches du Parc National de Kahuzi-Biega.

En août , Mathilde V. Les assaillants ont forcé les femmes à s'aligner et à porter leur butin et leur chargement de munitions jusqu'à leur base. Les Interahamwe ont accusé Mathilde V. Ils ont accusé d'autres personnes d'avoir pillé leurs possessions dans les camps de réfugiés, en et Alors que les assaillants accompagnaient les femmes le long d'un sentier dans la forêt, ils les ont jetées à terre et les ont violées.

Ce jour là, Mathilde V. Suite au viol, Mathilde V. Dans son propre cas, Mathilde V. Lorsqu'elle a, par la suite, eu des difficultés lors de son accouchement, elle n'a pas avoué au médecin qu'elle avait été violée.

Les membres des groupes armés majoritairement hutu s'en prennent particulièrement aux femmes qui passent près de leurs bases, en forêt, lorsqu'elles se rendent dans les champs pour y travailler, lorsqu'elles partent ramasser du bois ou faire du charbon ou quand elles vont au marché.

Une représentante d'un groupe de femmes a déclaré: Pour nous, de l'endroit où on vit jusqu'à la forêt, c'est trois heures de marche.

A Kalonge, les gens vivent [de la fabrication et de la vente] du charbon. Il n'y a pas de véhicules pour transporter la braise. Notre équipe a parlé avec plusieurs femmes et filles, dans cette région, qui avaient été enlevées par des Hutu armés, violées à plusieurs reprises et forcées de travailler pour les personnes qui les avaient capturées.

J'étais sur la route de Kalonge à Mudaka. J'avais l'argent que m'avait donné mon fiancé pour acheter une robe de mariée. Un soldat m'a attaquée sur la route. Il a dit des choses en kinyarwanda. C'était le 8 août [] et ils m'ont gardée jusqu'au 25 août et chacun d'entre eux m'a violée chaque jour. Il n'y avait pas vraiment de maison mais un abri sous des sheetings [des feuilles de plastique]. Je mangeais les choses qu'ils volaient de temps en temps — la pâte de farine volée et parfois de la viande.

J'ai découvert qu'ils avaient là-bas une autre femme avant moi et je dormais là où elle dormait. Plus tard, ils prendraient une autre femme après moi. Je portais toujours les mêmes vêtements. Si j'essayais de parler, ils me battaient. C'était tous les mêmes, des hommes horribles. Finalement, ils m'ont juste renvoyée quand ils ont été fatigués de moi. Ils ont pris les vêtements que je portais et m'ont donné de vieux vêtements. Je suis allée dans un centre de santé qui s'occupe des victimes de viols et j'ai eu des médicaments.

Seul Dieu peut m'aider. Il m'a sauvée de la mort. Il n'y a pas d'autre endroit où se tourner. Ils ont pris mon argent pour la robe de mariée. Mon fiancé veut bien encore de moi, même si maintenant, je n'ai rien. Je ne voulais en parler à personne mais j'ai dû lui dire parce que j'ai été absente si longtemps. Et parce que j'ai été absente si longtemps, les gens en parlent même si je n'ai raconté à personne d'autre ce qui s'est passé. Je n'ai plus rien maintenant," a-t-elle déclaré. Dans certains cas, des assaillants armés ont enlevé des femmes et des filles au cours de cambriolages, les ont forcées à porter les biens volés jusqu'à leur base puis les ont violées là-bas.

C'était un soir de juin. J'entendais les soldats [à savoir des hommes en armes] se livrer à un pillage dans les environs. Quand ils sont arrivés à notre maison, j'ai couru pour me protéger.

Chaque nuit, ils s'approchent pour piller. Mais cette nuit, après ma fuite, il a commencé à pleuvoir. Pour me protéger de la pluie, j'ai décidé de retourner à la maison. A ce moment là, il y avait beaucoup d'autres personnes qui cherchaient aussi à se protéger de la pluie — on était environ dix-huit, principalement des voisins et de nombreuses vieilles personnes.

Mais les soldats sont arrivés et ils nous ont encerclés. Ils étaient nombreux, je ne peux pas dire combien. J'entendais juste leurs voix. J'ai vu que tout dans la maison avait été volé. J'avais mon bébé sur le dos. Quatre soldats sont entrés dans la maison. Ils étaient tous armés. Ils ont pris mon bébé. J'étais la plus jeune femme dans la maison. Ils ont laissé les femmes plus âgées et m'ont prise, moi. Les quatre soldats m'ont fait porter sur le dos les affaires qu'ils avaient volées. Puis, plus tard, on a retrouvé les autres et ils ont donné la charge que je portais sur le dos à un homme qu'ils avaient capturé.

Mais je marchais avec les quatre qui m'avaient enlevée de la maison. On a marché dans la forêt de 10 heures du soir, environ, à minuit. Je ne connaissais pas l'endroit. Puis, je me suis retrouvée seule avec l'un d'entre eux.

J'ai découvert ensuite que les trois autres étaient chacun partis avec une femme qu'ils avaient capturée. J'ai été violée trois fois [par le même soldat]. Il était armé tout le temps. Il n'a pas dit un mot et je n'ai pas dit un mot.

Finalement, il est parti vers 3 heures du matin. J'avais peur de marcher mais lentement, je suis rentrée à la maison et j'y suis arrivée vers 7 heures 30 du matin. A la question de savoir comment son mari l'avait traitée quand elle est rentrée chez elle, Georgette W. Mon mari ne m'a pas maltraitée. Il était juste inquiet des maladies que pouvait avoir le soldat. Je suis allée me faire tester et je n'avais aucune maladie. Nos voisins ne sont au courant de rien.

Mon mari m'a dit de ne rien dire à personne. Il a dit, "Dis juste aux gens que tu es partie pour quelque temps. Ils ont pris tout ce que nous avions … toutes nos affaires et nos trois chèvres et ils ont encore fait ça. En mai , des hommes armés ont attaqué le village de Marie G.

Ces hommes ont également pillé et brûlé de nombreuses maisons. Ayant perdu tous ses biens, elle s'est rendue à Kalonge pour se procurer de la braise à vendre afin de pouvoir s'acheter des vêtements. Une fois là-bas, elle a été enlevée, une nuit, par trois membres rwandais d'un groupe armé majoritairement hutu qui sont venus, vers 20 heures, dans la maison où elle se trouvait.

Elle a offert à ses assaillants une chèvre s'ils la laissaient tranquille mais ils ont refusé son offre en disant qu'ils avaient besoin de filles. Elle a été rejointe par deux filles qui avaient été capturées le même jour, alors qu'elles se rendaient à Kalonge pour y acheter de la braise, Chantal R. Toutes les deux ont également été interrogées par notre équipe. Là-bas, on leur a dit de cuisiner et de préparer un lit avec de l'herbe et un sheeting. Les trois captives ont dit que les hommes s'appelaient Lukala, Nyeka et Vianney.

Ils étaient habillés en civils et étaient armés de fusils et de machettes. Entre eux, ils parlaient kinyarwanda, mais ils parlaient kiswahili avec les filles. Chaque combattant a pris l'une d'entre elles. C'est Lukala qui a exigé des relations sexuelles de Marie G. Lukala lui a dit: Elle a entendu les deux autres filles crier.

L'homme m'a dit, 'Elles ont déjà commencé à travailler, pourquoi tu me fais des problèmes? Tu ne peux rien faire contre," il l'a violée pour la première fois de ce qui allait être une longue série d'agressions. Il m'a fait beaucoup souffrir," a déclaré Marie G. Il l'a menacée de la tuer et après plusieurs heures, a commencé à la violer de nouveau. Il l'a violée cinq fois au cours de la première nuit.

Après cette nuit, Vianney, le chef du groupe, a aussi voulu "l'avoir". Après une dispute avec Lukala à ce sujet, elle a passé la seconde nuit avec Vianney. Il lui a dit qu'il allait être beaucoup plus gentil avec elle que ne l'avait été Lukala et qu'elle n'aurait à coucher avec lui qu'une fois par nuit et qu'ensuite, elle pourrait dormir.

Elle lui a dit qu'il n'était pas facile, pour elle, de dormir compte tenu des circonstances. Effrayée et craignant d'être ensuite retrouvée, Marie G. Elle a également menti, prétendant qu'elle avait deux enfants et a supplié qu'on la relâche. Vianney lui a répondu qu'il ne pourrait la relâcher que si Lukala était d'accord. Elle a fait appel au sens moral de Vianney en lui disant qu'il ne voudrait pas que des membres de sa propre famille soient ainsi traités.

Ses assaillants ont laissé Marie G. Peu de temps après, début juin , ces mêmes trois assaillants ont capturé deux jeunes filles, Cécile K. Ils les ont détenues de deux à trois semaines. Ils l'ont accusée d'être une "amie des Tutsi". Ils lui ont dit qu'ils avaient dû laisser leur famille derrière eux, au Rwanda mais qu'elle avait beaucoup de chance d'avoir encore ses parents.

Quand elle s'est mise à pleurer, ils lui ont dit: Tu n'es pas plus importante que ceux que nous avons laissés au Rwanda. Les ravisseurs ont violé les filles de façon répétée et les ont fait cuisiner et accomplir d'autres travaux domestiques. Il semble que ce groupe d'hommes ait enlevé de nombreuses femmes et filles auparavant, l'un d'entre eux prétendant qu'ils avaient eu quarante femmes. Trois semaines après la capture de Béatrice et de Cécile et une semaine après celle de Valérie J.

Selon les filles, les trois hommes affirmaient qu'ils recevaient leurs ordres d'un "commandant" mais elles pensent qu'il s'agissait là d'une ruse pour les intimider. Les trois hommes n'étaient jamais ensemble avec qui que ce soit d'autre et n'avaient ni radio, ni téléphone portable ce qui pourrait indiquer qu'ils agissaient indépendamment d'autres forces hutu dans la région.

Sur une période de plusieurs semaines, ils se sont déplacés plusieurs fois dans la forêt, peut-être parce qu'ils étaient conscients que les troupes au Congo étaient à leur poursuite. Une représentante d'une organisation de femmes a expliqué que la violence sexuelle avait récemment augmenté, en partie parce les assaillants trouvaient peu de choses à voler chez des gens déjà attaqués à plusieurs reprises et voulaient donc les punir pour ce qu'ils percevaient comme un manque de soutien.

Plusieurs bandes armées ont traversé les environs. Il y a eu beaucoup de pillages… Les gens sont laissés sans rien et dans certains cas, ils ont été déplacés. Comme il ne reste plus rien à voler, les bandes armées sont passées au viol systématique… Il y avait des viols avant cette année mais les gens n'en parlaient pas. Finalement, cela faisait tellement de viols que nous avons fini par aller à la paroisse et avec l'aide reçue là bas, on a eu le courage de parler de ce problème.

Tout a commencé à une heure du matin. On était tous en train de dormir. J'ai entendu du bruit et j'ai été la première à me réveiller. Ils étaient dix, je pouvais les voir et les compter. Ils sont entrés dans notre concession. Je voulais me cacher mais je n'ai pas pu. Ils ont dit, "Donne-nous ton argent.

Je leur ai dit qu'il n'y avait personne. Mais ensuite, mon père s'est levé avec une torche. Les combattants ont vu la lumière et ont dit, "C'est qui avec la lumière? Je ne sais pas comment mais mon père a pu s'échapper en courant très vite, entre les deux.

L'un d'eux m'a dit, "On va te tuer parce que tu l'as laissé partir. Le chef a dit aux autres de tuer papa. Je pensais qu'ils allaient tous nous tuer. Ma mère ne savait pas si elle devait courir avec mon père. Elle s'est cachée sous le lit et priait avec son rosaire.

Maman a pu s'enfuir en courant lorsque d'autres soldats sont entrés dans la maison. Deux d'entre eux nous surveillaient. Il y en avait un autre dans la maison. Ils ont tout pris et nous ont demandé quelles autres choses possédait la famille. On a dit que les seules choses qui restaient étaient les vêtements que nous portions, tout le reste était dans la maison. Ils ont laissé les chèvres et les poulets mais ont pris tout le reste.

Je pensais que si le Seigneur dit que notre heure est venue, c'était maintenant que nous allions mourir. Les combattants ont dit, "On peut vous tuer," et ils ont tiré en l'air quatre fois pour nous montrer ce qu'ils pouvaient faire. Il y avait une autre fille qui vivait chez nous, une orpheline qui dormait habituellement avec moi mais cette nuit là, elle était seule dans une autre petite maison. Elle nous a vus dehors mais je ne sais pas comment, elle n'a pas vu les combattants. Je la voyais qui s'approchait lentement de nous et je me demandais ce qu'elle faisait.

Je ne pouvais pas l'empêcher de s'approcher — elle s'est approchée de nous lentement et a dit, "Qu'est-ce-qui se passe? Mais eux l'ont vue et ils l'ont prise et l'ont battue, lui ont donné des coups et l'ont fouettée avec une corde. Elle a dit qu'elle préférait être tuée plutôt que de souffrir avec eux. Ils l'ont alors jetée au sol avec nous toutes. Les assaillants ont ensuite violé chacune des cinq filles. La plus jeune avait quatorze ans.

Chaque combattant a pris l'une d'entre nous et l'a emmenée vers l'une des petites maisons, hors de la concession. On ne pouvait pas résister. Ils parlaient kinyarwanda et lingala, ils étaient à la fois congolais et Interahamwe. Ils se donnaient des noms comme Kofi et Bamba. Ça n'a pas pris longtemps. Je pense qu'ils n'avaient pas besoin de nous tuer. Ils ont fait ce qu'ils voulaient faire. Ils ont tout volé et sont partis à environ 4 heures du matin. Puis papa est rentré.

On pensait qu'il était mort. Alors quand on l'a vu, on était tellement contentes. Aucun des coups de feu ne l'avait touché. On est resté à la maison le reste de la nuit mais la nuit suivante, personne ne voulait y dormir. Je retourne parfois dans notre village mais je ne dors pas bien quand je suis là-bas.

Les voisins savent qu'on a été volé mais ils ne savent pas ce qui m'est arrivé. Alors que les combattants opposés au RCD sont le plus souvent accusés des actes de violence sexuelle qui se sont produits aux environs du Parc National de Kahuzi-Biega, les soldats du RCD ont aussi attaqué des femmes et des filles.

Elle a ainsi raconté: C'était en juin J'ai quitté ma maison dans la soirée pour aller acheter de la nourriture pour mes enfants. Un soldat m'a attaquée et m'a poussée hors de la route. Il m'a demandé en kinyarwanda ma carte d'identité. Il portait un uniforme et avait un fusil.

Il m'a poussée dans les buissons. Je portais mon bébé sur le dos. Il avait un mois et une semaine. Il a enlevé le bébé de mon dos et l'a jeté au sol, sur le ventre.

Il a mis un fusil contre ma poitrine. Quand j'ai fait un geste pour sauver mon bébé, il a arraché mes vêtements et m'a violée. Tout s'est passé très vite, il n'est pas resté très longtemps. Après cela, il est parti. J'ai ramassé le bébé et je suis rentrée à la maison. J'ai raconté à mon mari ce qui s'était passé. Je venais d'avoir mon bébé et j'avais besoin d'aide. On m'a soignée [dans une clinique]. On a trouvé que j'avais une maladie sexuellement transmissible et maintenant, mon mari l'a aussi.

J'ai aussi des démangeaisons de peau et j'utilise de la médecine locale contre ça. Je ne pense pas que j'ai été visée en particulier, par ce soldat. Tellement d'autres personnes ont aussi été attaquées. C'était le 25 avril J'étais au village avec ma famille. Mon père avait vendu un poulet. Des hommes sont venus cette même nuit et lui ont dit de leur remettre l'argent de la vente du poulet.

Notre famille [Jeannette T. Ils ont blessé mon père au couteau. Toute la concession était remplie de soldats. Ils avaient des couteaux et des fusils.

Ils parlaient un peu de lingala et un peu de kinyarwanda. Ils ont pris tout ce qu'il y avait dans notre maison. Je me suis cachée derrière des arbres, sur une colline un peu au dessus de la maison. Le lendemain matin, je suis retournée à la maison. J'y ai trouvé mon père, toujours blessé, avec un voisin qui essayait de l'aider.

Après trois jours, ma mère est rentrée. Mon père voulait partir les chercher et essayer de trouver de l'aide mais les voisins ont dit que s'il faisait cela, les Tutsi extermineraient toute la famille. Maintenant, on est à Bukavu et des membres de la famille de nos vieux voisins nous ont un peu aidés mais on n'a même pas de vêtements. Il n'y avait pas de raison de s'en prendre en particulier à mon père qui est un bon chrétien.

Les données recueillies par nos chercheurs sur le viol et les autres formes d'abus sexuels dans la région autour du Parc National de Kahuzi-Biega recoupent celles rassemblées, indépendamment, par deux organisations locales de défense des droits humains.

L'association congolaise de défense des droits des femmes, PAIF, a enregistré soixante-neuf cas de viols perpétrés par des bandes armées majoritairement hutu et par des soldats du RCD, dans la zone d'Irhambi-Katana du territoire de Kabare, entre mai et septembre Une seconde organisation a rapporté que des "hommes en uniformes identifiés comme des Interahamwe" ont tué, violé et pillé si fréquemment des villages proches du Parc National de Kahuzi-Biega que les résidents ont abandonné leur maison pour dormir dehors, en quête de sécurité.

La ville de Shabunda, à kilomètres au sud ouest de Bukavu, dans le territoire de Shabunda, occupe une position stratégique pour assurer le contrôle de l'est de la province et de son importante richesse minière. La ville est entourée de trois côtés par la rivière Ulindi au-delà de laquelle s'étirent, sur des centaines de kilomètres, de larges étendues d'épaisse forêt équatoriale.

Les habitants de la ville, comme ceux des villages environnants, dépendent de la forêt pour la plupart des produits de première nécessité: Compte tenu de la distance avec les autres centres et du mauvais état des routes, Shabunda importe peu de biens de l'extérieur et ces derniers arrivent d'ordinaire par les airs.

Avec le conflit actuel, la ville est de plus en plus isolée. Fin , l'atmosphère à Shabunda était celle d'une forteresse assiégée. Les Mai-Mai n'ont pu occuper la ville qu'occasionnellement et brièvement comme au début de l'année , mais ils contrôlent la plupart de la forêt environnante. Comme l'a déclaré le Bureau des Nations Unies pour la Coordination des Affaires Humanitaires OCHA , "la ville de Shabunda est le seul endroit sur l'ensemble du territoire où l'on peut accéder à la population sans courir le danger de subir les intrusions de bandes armées.

Quand les combats se sont intensifiés début , environ la moitié de la population de la ville de Shabunda a pris la fuite — la plupart vers la forêt — réduisant le nombre d'habitants de plus de 32 , en à 17 , début Les résidents des villages environnants ont aussi cherché refuge dans la forêt.

Dans sa lutte pour le contrôle du territoire, chaque côté a utilisé la violence, y compris la violence contre les femmes et les filles, pour gagner ou conserver le contrôle sur la population locale. D'autres ont souhaité rentrer chez eux mais ont craint une attaque des Mai-Mai s'ils tentaient de le faire. Pour accélérer leur retour, le RCD a apparemment annoncé lors d'une réunion publique que les civils qui ne rentraient pas de la forêt seraient considérés comme des ennemis et soumis à une attaque.

Pendant une certaine période, les soldats du RCD ont interdit aux résidents de la ville d'aller cultiver leurs champs et de rassembler nourriture et bois dans la forêt — ou ont limité les périodes autorisées pour le faire — espérant apparemment ainsi empêcher toute collaboration entre eux et les Mai-Mai. En mars , les troupes du RCD ont organisé une Force de Défense Locale, force paramilitaire armée et formée au minimum, recrutée dans la région et dont les membres continuent de vivre chez eux, tout en accomplissant des patrouilles et autres devoirs militaires.

Chaque foyer dans la communauté devait contribuer au soutien de la Force de Défense Locale avec deux verres de riz, tous les deux jours. Ceux qui voulaient quitter la forêt mais craignaient une attaque des Mai-Mai ont accueilli avec satisfaction l'assistance du RCD et de la Force de Défense Locale.

La ville de Shabunda est exceptionnelle pour le nombre de femmes et de filles qui ont publiquement admis avoir été violées, la plupart par des Mai-Mai. Le gouverneur du Sud Kivu estimait que 2 à 3 femmes et filles avaient été violées, entre la fin et la mi Une congrégation religieuse rapportait avoir aidé environ 2 femmes et filles violées. Un employé d'une organisation d'aide humanitaire a fait le commentaire suivant: Elles pensent que les crimes sont tout aussi largement répandus ailleurs dans l'est du Congo mais qu'ils restent en partie cachés à cause de la réticence continue des femmes à en parler.

Dans d'autres endroits, elles ne l'ont pas eu," nous a dit une infirmière d'une agence internationale ayant beaucoup travaillé au Sud Kivu. Des membres de leur famille, des amis ou d'autres femmes capturées ont été forcées d'assister aux viols. Dans plusieurs cas, des enfants auraient été contraints de maintenir leur mère au sol pendant la durée du viol. De plus, beaucoup de femmes enlevées par des Mai-Mai ont été détenues pendant de longues périodes, jusqu'à un an et demi.

Généralement, il était entendu que des femmes et des filles rentrant chez elles après avoir été retenues si longtemps, avaient été violées et la plupart n'ont pas estimé utile de prétendre le contraire. D'autres femmes et filles sont rentrées avec des blessures évidentes qui ne pouvaient avoir été infligées que lors d'agressions sexuelles.

Parfois, des femmes et des filles ont été violées avec des objets tels que des bâtons de bois et des piments. Certaines femmes et filles se sont aussi retrouvées enceintes suite au viol qu'elles avaient subi. D'autres circonstances ont apparemment contribué à la volonté des femmes et des filles de Shabunda de parler des viols et des autres abus sexuels qu'elles avaient endurés.

Un groupe de soutien assiste des victimes - l'un des rares opérant dans la région - et une organisation internationale a fait l'expérience de traiter, gratuitement, des femmes et des filles pour des blessures et des complications liées à leur viol. Les autorités du RCD perçoivent un avantage politique à attirer l'attention sur les viols et les autres abus commis par leurs opposants. Le gouverneur de la province a encouragé les organisations humanitaires et les journalistes à examiner le problème.

La majorité des femmes et des filles décrivent ceux qui les ont violées comme "Mai-Mai", un terme qui peut simplement signifier qu'ils sont membres de la population locale. Un prêtre du territoire de Shabunda faisait le commentaire suivant: Ce sont des gens d'ici …des jeunes des environs, des Interahamwe.

Elle nous a dit que sa famille avait été prise pour cible en partie parce que les Mai-Mai pensaient que son mari était lié au RCD. On est allé dans la forêt au début de la guerre. Mon mari pensait que la forêt était plus sûre et il n'y avait rien à manger en ville. Mais on est retourné en ville en En juillet , les Mai-Mai sont venus et ont pris mon mari. Ils m'ont battue, ils ont tué mon mari par balle et ont coupé son corps devant moi.

Ils ont dit que mon mari était un espion pour le compte des Tutsi. Il y avait huit Mai-Mai. Deux m'ont maintenue au sol et les autres m'ont violée. Ils ont posé deux couteaux sur mes yeux et m'ont dit que si je pleurais, ils me couperaient les yeux. Les Mai-Mai parlaient kiswahili, kilenga, lingala et kinyarwanda.

Ils étaient sales, ils avaient des puces. On n'avait pas d'abri. Il y avait juste des feuilles pour dormir dessus et quand il pleuvait, on était trempé. On avait des nattes avec nous mais les Mai-Mai nous les ont prises. Ils étaient nombreux pendant la période où j'étais dans la forêt, peut-être ou plus.

Ils nous nourrissaient parfois de petits animaux qu'ils tuaient mais ils ne nous donnaient pas beaucoup de nourriture. Les Mai-Mai ont parfois tué et violé des résidents qui, selon eux, avaient accepté l'autorité du RCD en quittant la forêt. Dans un tel cas, début septembre , les Mai-Mai ont attaqué un groupe qui avait quitté la forêt, peu de temps auparavant, sous escorte du RCD.

Ce groupe était rassemblé pour prier dans une église du village de Masanga, à environ quarante kilomètres de Shabunda. Elle vivait dans la forêt avec sa famille, près de Minoro, un village à environ quarante-cinq kilomètres de Shabunda. Son mari avait été pris, un an auparavant, par les Mai-Mai et elle ne l'avait pas revu depuis. Après être resté près de Minoro pendant deux ans environ, le RCD est venu et a pris de nombreuses familles qui étaient dans la forêt et nous a réinstallés à Masanga.

Dans notre cas, un garçon qui nous connaissait a dit au RCD où on était et ils sont venus nous chercher. Mais avant qu'ils nous installent à Masanga, le RCD a pillé nos maisons et a tout pris. On était à Masanga depuis peu, peut-être deux semaines, quand de nombreuses familles chrétiennes qui étaient dans la forêt se sont rendues à la messe du matin, dans la paroisse de Masanga.

On était dans la forêt depuis longtemps et on était impatient d'aller à la messe. C'était la messe de 8 heures 30 du matin. J'y étais avec mes cinq enfants mais seules les trois filles sont entrées dans l'église. Les deux garçons étaient dehors avec d'autres enfants. Il était environ 10 heures 30 et l'église était toujours pleine.

Tout à coup, on a entendu des coups de feu venir de partout. C'était des coups isolés pour certains mais il y avait aussi une arme automatique. Il y avait de nombreux Mai-Mai hors de l'église. Les gens ont essayé de courir mais c'était une telle panique que la foule bloquait la porte.

Certaines personnes ont réussi à courir. Parmi ces gens, certains se sont échappés vers la forêt qui est proche de Masanga. Certains ont été touchés mais ont réussi à atteindre la forêt où ils sont morts.

Certains ont été tués près de l'église ou sont morts avant d'atteindre la forêt. Quand on est allé chercher les morts, après le départ des Mai-Mai, on a trouvé vingt-sept corps dans la forêt et douze près de l'église en plus des quatre personnes tuées dans l'église.

Mes deux fils ont réussi à prendre la fuite et n'ont pas été blessés. Après le départ, en courant, de certains, six Mai-Mai sont entrés dans l'église. Ils portaient des uniformes et des masques et avaient des peaux d'animal sur la tête. Ils étaient très sales. Il y avait des Batembo, des Bakongo et des Bahutu [97]. A ce moment là, on n'était plus tellement nombreux dans l'église — quatre femmes, trois femmes plus âgées et moi — et des enfants. Les soldats [c'est-à-dire les combattants] nous ont violées toutes les quatre.

Ils m'ont frappée avec un bâton deux fois. Ils ont dit qu'on était bête d'obéir au RCD et ils ont dit qu'ils sauveraient le peuple congolais. Ils sont restés dans l'église pendant environ trente minutes puis ils sont partis. Les autres femmes qui ont été violées étaient âgées et elles ne peuvent en parler. Je n'ai personne pour m'aider et il ne me reste rien. Il n'y a pas de services de santé à Masanga donc je n'ai pas pu recevoir d'aide médicale.

J'ai encore très mal mais j'ai mes règles [indiquant ainsi qu'elle ne pense pas être enceinte]. Les Mai-Mai ont attaqué les femmes qui cherchaient la sécurité en se réfugiant temporairement dans la forêt ainsi que celles qui restaient en ville mais continuaient à se rendre dans la forêt pour cultiver, chercher de la nourriture ou faire du charbon afin d'assurer leur survie et celle de leur famille. Un responsable des Nations Unies a déclaré que les femmes et les filles à Shabunda, comme celles qui vivent du commerce du charbon dans le Parc National de Kahuzi-Biega, "sont très exposées pour des raisons liées aux moyens d'existence et à la survie.

Ce sont elles qui vont chercher le bois, la nourriture, les fruits et elles sont prises quand elles font cela. Mais elles doivent continuer à le faire même après avoir été violées. Il y avait aussi sept hommes avec nous qui nous aidaient à travailler dans les champs.

Un groupe de Mai-Mai est arrivé vers nous. Les hommes les ont entendus venir et ont tous pris la fuite. Ils ont maintenu mes pieds en l'air, ont écarté mes jambes et m'ont violée.

Ils ont dit que s'ils trouvaient les hommes qui avaient pris la fuite, ils les mangeraient.

...